[385]: Ce n'étoit qu'un cri dans toute la noblesse et la bourgeoisie contre les gens de métier qui se mêloient de pérorer sur les affaires publiques. «Aujourd'hui, écrivoit Mornay un peu auparavant, il n'y a boutique de factoureau, ouvroir d'artisan ni comptoir de clergeau, qui ne soit un cabinet de prince et un conseil ordinaire d'Etat; il n'y a aujourd'hui si chetif et miserable pedant qui, comme un grenouillon au frais de la rosée, ne s'emouve et ne s'esbatte sur cette cognoissance.» (Cité par Mayer, Galerie philosophique du XVIe siècle, t. 2, p. 271.) Je lis encore dans un pasquil du même temps, les Entretiens du diable boiteux, p. 26: «Quand le savetier a gagné, par son travail du matin, de quoi se donner un oignon pour le reste du jour, il prend sa longue epée, sa petite cottille, son grand manteau noir, et s'en va sur la place decider des interets de l'Etat.» De même que Picard, cordonnier de la rue de la Huchette, qui fut pour une si grande part dans les soulèvements populaires, contre le maréchal d'Ancre, tous les gens de ce métier, et le savetier maître Jean, que vous allez voir paroître, en est un exemple, se croyoient alors de grands clercs en politique; ils avoient mis à honneur de se ranger des premiers parmi les mécontents. Ils n'y gagnèrent rien que les quolibets des bourgeois de bon sens et les épigrammes des faiseurs de pasquils. Picard, toutefois, fit bien ses affaires; sa réputation de factieux achalanda sa boutique, et, à partir de ce moment, il eut le bon esprit de n'en plus sortir. Il se mit en état de lancer, son fils dans les grandes affaires. Ce fils devint, non pas procureur au Parlement, comme dit Amelot de la Houssaye (Mémoires historiques, t. 2, p. 399), mais trésorier des parties casuelles et marquis de Dampierre. V. le Catalogue des Partisans, dans le Choix des mazarinades de M. C. Moreau, t. 1, p. 117-118. Il mourut au mois d'avril 1660 (Lettres choisies de Gui Patin, 1707, in-8, t. 2, p. 15).

[386]: Sur ce pauvre fou, qui couroit les rues, et à qui, comme à maître Guillaume, on faisoit endosser toutes sortes de petits livrets, V. t. 2, p. 273.

[387]: Le prince de Condé avoit quitté Paris le 6 janvier 1614, pour se mettre à la tête des mécontents.

[388]: V., sur ce mot et sur sa curieuse étymologie, une note excellente de M. Ch. d'Héricault dans son édit. des Œuvres de Coquillart, t. 2, p. 287-288.

[389]: C'est le fil poissé dont se servent les cordonniers.

[390]: Cette interjection populaire est une apocope de agardez, regardez. Théodore de Bèze (De Franc. linguæ recta pronunctatione, p. 84) est de cet avis, ainsi que La Monnoye (Œuvres choisies, 1770, in-8, t. 3, p. 334). On trouve maintes fois ce mot dans nos anciens auteurs, notamment dans les Contes de Des Périers, édit. elzevir., t. 2, p. 204. Nulle part, comme on le dit ici, il n'étoit plus employé que dans le peuple de Paris. C'étoit pour ce populaire une exclamation partout de mise. Saint-Julien, en ses Courriers de la Fronde, ne lui en fait pas pousser d'autre. Ainsi, dans le 1er (édit. Moreau, t. 1, p. 12, 107), il dit:

Monsieur de Mesme harangua,
D'un style qui fit dire: Aga!

[391]: Le prévôt des marchands étoit alors Robert Miron, seigneur du Tremblay, conseiller d'Etat et président des requêtes du Palais.

[392]: Le mariage du fils de Jacques Ier avec Henriette de France, sœur de Louis XIII, étoit en effet déjà projeté; mais il n'eut lieu que bien plus tard, le 11 mai 1625. V. t. 1, p. 39.

[393]: Perdu, du mot allemand verloren, qui, importé par les Suisses et les Lansquenets, étoit devenu le mot frelore employé dans le Pathelin (édit. G. Chateau, p. 50) et par Rabelais, liv. 4, chap. 18. Il se trouve aussi dans la chanson de la bataille de Marignan par Cl. Jennequin.