[201]: Entendoit la fourberie. Gourd et enterver se trouvent dans Coquillard, édit. elzev., t. 2, p. 246, 274.

[202]: «C'est-à-dire que eussions trompé les gentilshommes, damoiselles et garçons, femmes de village et paysans, leur donnant nostre marchandise.» (Note de l'auteur.)

[203]: «Rusquins sont escus, ouendes sont livres, rons sont douzains, herpes liards, pieds deniers, froc ung double.» (Note de l'auteur.)

[204]: Nous couchions, nous dormions. Aujourd'hui les gens du peuple disent pioncer pour dormir.

[205]: C'étoit assez volontiers l'usage des gueux de coucher ainsi dans les fours. On lit dans la Farce d'un ramonneur de cheminées, etc. (Anc. Théâtre, édit. elzev., t. II, p. 202):

Je prins ce paillart totilleur
A Paris, chez un rotisseur,
Et n'avoit pas vaillant deux blans
Et couchoit, dont il est si blans,
Au four à quoy la paille on ard.

Il y a trente ans, une pauvre femme du quartier Saint-Victor, à Orléans, couchoit encore ainsi dans un grand four les pauvres diables qui prenoient gîte chez elle. Ne seroit-ce pas de cet usage que seroit venu le nom de four donné aux mauvaises tavernes du quai de la Ferraille (l'ancienne vallée de Misère), où les raccoleurs embauchoient les recrues?

[206]: Attrimer, prendre ornie la poule, de ορνις, oiseau, étoit le tour le plus ordinaire du métier de ces maraudeurs. V. Le Jargon ou Langage de l'argot réformé, etc., au t. VIII des Joyeusetez, p. 74. C'est de là sans doute qu'est venue la locution populaire plumer la poule, qui étoit si bien en usage alors, et que nous avons déjà tant de fois rencontrée. V. aussi Fæneste, édit. elzev., p. 128.

[207]: Volant, de furari, qui a le même sens en latin.

[208]: En ce temps les compagnies de gueux du Poitou étoient nombreuses et célèbres. «Il y avoit alors, dit d'Aubigné, une gaillarde academie de larrons en Poictou, n'en déplaise à la Gascogne ni à la Bretagne.» (Le baron de Fæneste, édit. P. Mérimée, p. 137.) Un passage très curieux du Jargon (édit. des Joyeusetez, t. VIII, p. 3-4), au chapitre Ordre ou Hiérarchie de l'argot réformé, donne d'intéressants détails sur l'origine de cette truandaille poitevine et sur la manière dont elle s'étoit alliée avec les mercelots des foires, qui avoient fini par être confondus avec elle: «L'antiquité nous apprend et les docteurs de l'argot nous enseignent qu'un roi de France ayant établi des foires à Niort, Fontenay et autres lieux du Poictou, plusieurs personnes se voulurent mesler de la mercerie; pour remedier à cela, les vieux merciers s'assemblèrent et ordonnèrent que ceux qui voudroient à l'avenir estre merciers se feroient recevoir par les anciens..., puis ordonnèrent un certain langage entr'eux avec quelques ceremonies pour estre tenues par les professeurs de la mercerie. Il arriva que plusieurs merciers mangèrent leurs balles, neantmoins ne laissèrent pas d'aller aux susdites foires, où ils trouvèrent grande quantité de pauvres gueux, desquels ils s'accostèrent, et leur apprirent leur langage et ceremonies. Les gueux, reciproquement, leur enseignèrent charitablement à mendier. Voilà d'où sont sortis tant de braves et fameux argotiers.»