[209]: «Pechon, c'est quand on a la première balle et du premier voyage; et après blesche, mercelot et puis coesme; c'est mercier, et puis le coesmeletier huré, c'est bon marchand, qui porte à col seulement.» (Note de l'auteur.)

[210]: Sur ces cérémonies de réception dans les compagnies de voleurs, V. t. 5, p. 349, et t. 6, p. 65.—Cartouche faisoit aussi subir un interrogatoire et des épreuves à tous ceux qui vouloient entrer dans sa bande. Le Grand a tiré parti de cette curieuse particularité dans sa comédie des Fourberies de Cartouche. Un jeune homme se présente pour être enrôlé: «Où avez-vous servi? lui dit le voleur.—Deux mois chez un procureur, six mois chez un inspecteur de police.—Tout ce temps vous comptera comme si vous aviez servi dans ma troupe.»

[211]: Les chefs faisoient bonne justice de ceux qui manquoient à leur serment. Montaigne a dit (liv. XIII, ch. 13) que les gueux, de son temps, «avoient leurs dignitez et ordres politiques». Il eût pu ajouter qu'ils avoient leur police, et fort bien faite même. «Le jeudy 3 septembre 1609, dit l'Estoille, un des principaux officiers de la justice de MM. les voleurs et couppes-bourse de Paris, qu'ils avoient établie et exerçoient vers le Porte au Foin, condamnans les uns à l'amende, les autres au fouet et les autres à la mort (qui estoit de les poignarder et jetter à la rivière), ayant esté descouvert et attrapé par le prevost Defundis..., fust pendu et estranglé en la ditte place du Porte au Foin...» Huit jours après il dit encore: «Le jeudy 10 furent pendus et estranglez, en la place du Porte au Foin, à Paris, le procureur et l'avocat du roy en la Cour des couppe-bourses et voleurs. Ils avoient un grand et petit basteau pour l'exercice de leur brigande justice. Là se tenoient les plaids et audiances en l'ung; et en l'aultre estoient prononcés et exécutés leurs arrests, sentences et condamnations. Chose estrange et inaudite, et toutesfois bien veritable et tesmoing irrefragable de la meschanceté de ce siècle. «(Edit. Champollion, t. 2, p. 533.)

[212]: «C'est un tour de baston subtil et le rateau une autre façon très adroite; la quige habin, le trompe-chien, le bracelet, un sublime tour de baston, qui se peuvent comprendre par l'expérience.» (Note de l'auteur.)

[213]: V., sur ce mot, Fr. Michel, Etudes de philologie comparée sur l'argot, p. 7, et notre t. 3, p. 221-222.

[214]: Tout ce qui est dit ici ne devra plus laisser de doute sur l'étymologie de la locution entendre le tour de bâton, déjà en usage au 16e siècle. V. Des Periers, édit. L. Lacour, coll. elzev., t. 2, p. 78.

[215]: C'est millogère qu'il faut lire, comme on le verra plus loin, dans le Dictionnaire blesquin. Servante se disoit aussi andrumelle: V t. 3, p. 231, ou bien encore andrimelle: V. Les premières œuvres poétiques du capitaine Lasphrise, Paris, 1599, in-12. p. 499.

[216]: Far l'atto venereo. Le verbe river se disoit aussi avec le même sens dans l'ancienne langue populaire. On lit dans le Monologue des perruques:

...Chevaucher sans selle,
River et habiter dehait.

(Œuvres de Coquillart, édit. Ch. d'Héricault, t. 2, p. 271.)