[217]: «Premièrement, lit-on dans le Jargon ou Langage de l'argot réformé..., édit. des Joyeusetez, p. 5, ordonnèrent et establirent un chef..., qu'ils nommèrent un grand coêre; quelques-uns le nommèrent roi de Tunes, qui est une erreur.»
[218]: Petit paquet où l'on mettoit son linge et qu'on portoit d'ordinaire au bout du bâton appelé hoquet. Quelquefois ce dernier mot se prenoit dans l'un et l'autre sens. Il prêtoit fort aux équivoques; aussi l'on ne manqua pas d'en faire. D'abord, par exemple, on dit, dans le sens de vomir, compter ses hoquets; puis, par une évolution toute naturelle, le calembour venant en aide, on passa du contenant au contenu, et l'on dit compter ses chemises. Cette locution ne doit pas avoir d'autre étymologie.
[219]: Sur ces fausses plaies des argotiers, qui firent si spirituellement appeler cour des Miracles le lieu où, la nuit venue, ils alloient se débarrasser de leurs maux, Ambroise Paré a donné de très intéressants détails; c'est ce qu'il appelle l'artifice des méchants gueux de l'hostière (édit. Malgaigne, t. 3. p. 46-53).
[220]: Ces cannes à épée étoient d'un usage très commun et fort nécessaires alors. Les plus paisibles ne s'en passoient pas. Ecoutez Enay, le doux et l'inoffensif: «Je n'ai ni querelle ni procez, et suis bien aimé de mes voisins et tenanciers; d'ailleurs, j'ai une petite lame dans ce bourdon.» (Le baron de Fæneste, édit. P. Mérimée, p. 10.) Un édit de 1666 défendit ces espées en baston. Elles avoient été déjà comprises, en 1661, dans la défense qui donna lieu à la comédie de Chevalier: La désolation des filoux, sur la deffense des armes.
[221]: Il est parlé des cagoux dans le Jargon, mais comme d'une catégorie de gueux, et non comme dignitaires de l'ordre, ainsi qu'on les représente ici. On verra plus loin, dans le Dictionnaire blesquin, que cagou se prenoit pour lieutenant.
[222]: Autrefois les marchands en détail n'avoient pas non plus d'autre livre de compte. La taille, morceau de bois fendu en deux, dont les parties pouvoient s'ajuster ensemble, et dont l'une, la souche, demeuroit chez le marchand, tandis que l'autre restoit chez la pratique, permettoit, au moyen de coches ou entailles faites sur celle-ci et reproduites sur celle-là, de calculer la quantité de choses vendues. C'étoit fort commode, surtout pour les boulangers, qui n'y ont pas encore tous renoncé.
[223]: Ce mot, même en dehors du Jargon, s'employoit pour hardes, effets: «En ceste occasion de trousser mes bribes et de plier bagage, dit Montaigne (liv. 3, ch. 9), je prends plus particulièrement plaisir à n'apporter aux miens ni plaisir ni deplaisir en mourant.» Ce mot, toutefois, étoit plus particulier aux gueux. Il paroît venir de l'espagnol bribar, mendier.
[224]: C'est-à-dire ce franc-cagou. Voy., plus loin, le Dictionnaire blesquin.
[225]: Huche. Ce mot est encore employé dans nos campagnes. Au 17e siècle on ne le comprenoit déjà plus à Paris, et Tallemant des Réaux, l'ayant employé, se croyoit obligé de l'expliquer en note et de dire: «C'est un mot de province.» (Edit. in-12, t. 1, p. 247.)
[226]: Les garçons chargés de la mouture.