[57]: Ces deux vers manquent dans l'édition in-4o.

[58]: Bien que cette pièce intéresse une des époques les plus curieuses de l'histoire du Portugal, nous la reproduisons ici moins pour elle-même que pour le singulier appendice que lui a donné son premier éditeur. Cet appendice, comme on le verra, n'est pas autre chose qu'une feuille de petites affiches en 1633.

[59]: Ce prince de Portugal est D. Cristovao, l'un des deux fils du prétendant D. Antonio, prieur de Crato, qui, sans avoir des droits légitimes, avoit le plus énergiquement lutté, par tous les moyens possibles, pour que le Portugal n'eût d'autre roi qu'un prince portugais. On sait qu'après avoir tout tenté pour arracher son pays à la domination espagnole, D. Antonio mourut à la peine en 1595, ne laissant que ses prétentions pour héritage à son fils. D. Cristovao fut le seul qui resta en France. Nous savions qu'il y étoit encore en 1632, car cette année-là du Moustier fit son portrait. (V. notre volume Un Prétendant portugais au XVIe siècle, 1852, in-12, p. 44, 85, 95.) La date de la pièce reproduite ici prouve que l'année suivante il s'y trouvoit encore. Il y vivoit d'une pension que lui faisoit le roi, comme on peut le voir par une pièce que possédoit M. de Joursanvault. (V. le Catalogue de sa collection, 1re partie, p. 35, no 257.)

[60]: Fils du duc d'Albe et le même qui s'étoit illustré par la prise de Mons en 1573. On sait que le duc d'Albe avoit contribué plus que personne à la conquête du Portugal par les Espagnols. Le gouvernement de Lisbonne revenoit donc de droit à quelqu'un des siens.

[61]: Nous avons déjà parlé du bureau d'adresse établi par Renaudot (V. notre t. I, p. 138, et le Roman bourgeois, p. 106); nous n'avons donc pas besoin d'y revenir longuement. L'idée d'un semblable bureau de renseignements n'étoit pas nouvelle. On sait par Montaigne (liv. 1, ch. 34) que son père l'avoit eue déjà; Barthélemy de Laffémas l'avoit reprise sous Henri IV, comme on le voit par un passage de son Histoire du Commerce (Archives curieuses, 1re série, t. XIV, p. 223-424); mais ni l'un ni l'autre n'étoit allé plus loin que le projet. C'est à Théophraste Renaudot qu'en étoit réservée la mise à exécution. Il comprit à merveille ce que devoit être un pareil établissement, et tout d'abord il le fit très complet. On savoit déjà qu'il y avoit joint des sortes de cours, des conférences, dans lesquels se traitoient toutes sortes de questions, et dont il sera parlé plus loin; mais on ignoroit généralement que pour donner une utilité plus directe à la partie principale de son établissement, au bureau même des adresses, il avoit mis à son service une feuille spéciale, de véritables petites affiches. Elles paroissoient le premier de chaque mois; celle que nous publions ici, comme spécimen, étant la quinzième et portant la date de septembre 1633, on voit que cette intéressante création remontoit au 1er juin 1632. Il y avoit déjà six mois que Renaudot publioit sa Gazette quand il lança cette nouvelle feuille, et il voulut que, tout en servant pour le bureau d'adresse, elle fût aussi pour l'autre comme une feuille de supplément. La relation qui se trouve en tête du ce quinzième numéro en est la preuve. Tel fait qui n'avoit pas paru dans l'une étoit inséré dans l'autre: il falloit donc être abonné aux deux pour être bien sûr de ne rien ignorer des nouvelles du jour. Quand Conrard écrit à Félibien, le 10 octobre 1647: «Le gazetier ne nous a pas encore donné de nouvelles du tremblement de terre dont vous me parlez; il la garde sans doute pour quand il en manquera d'autre», peut-être n'avoit-il pas lu la feuille d'avis où pouvoit se trouver le fait omis dans la Gazette. Ces relations mises en tête de la feuille d'avis me semblent être ce que furent plus tard les extraordinaires ou suppléments de la Gazette. Combien coûtait chaque numéro? Je ne sais; mais comme le prix d'entrée au bureau d'adresse étoit de trois sols, ainsi qu'on le voit par ces deux vers du Ballet auquel il servit de motif en 1631 (p. 12):

Pour nos trois sols nous y pouvons entrer,
Et trouver quelque chose ou blanque,

peut-être vous y donnoit-on par-dessus le marché le dernier numéro publié. La chose est d'autant plus croyable que c'étoit surtout une feuille d'annonces, et qu'elle avoit plus besoin de lecteurs que les lecteurs n'avoient besoin d'elle.—Les Anglois, qui ont toujours tant d'empressement à nous imiter, ne manquèrent pas d'établir chez eux un bureau d'adresses semblable à celui de Renaudot. En 1637 Charles Ier autorisoit Jean Innys à ouvrir un établissement de ce genre. J'ignore s'il eut aussi la feuille d'avis; c'est fort probable. Celle de Renaudot exista jusqu'en 1653, époque de sa mort. En 1715, le libraire Thiboust l'avoit reprise. On lit en effet dans le Journal des Savants (août 1716): «Le sieur Thiboust, libraire-imprimeur, vend chaque semaine une brochure in-12 qui contient les affiches de Paris, des provinces et des pays étrangers.» Il n'est donc pas vrai de dire que ce fut Antoine Boudet qui créa les Petites Affiches, en 1745. M. Barbier a le premier fait cette rectification dans son Examen critique des dictionnaires historiques, t. 1, p. 143; mais il a oublié de nommer Renaudot, si bien qu'en réparant une injustice, il en a, sans le savoir, commis une autre.

[62]: Ces indications abrégées signifient volume III, folio 252 à 253, verso. Vous voyez qu'il y avoit beaucoup d'ordre au bureau d'adresse.

[63]: Il se trouvoit rue des Grands-Augustins. Il fut démoli en 1671 pour faire place à la rue qu'on nomma rue de Savoie, parce que les derniers propriétaires de l'hôtel avoient été des princes de Savoie.

[64]: V., sur ce drap, t. 3, p. 37, note.