On vit encore paroître contre les précieuses une pièce où Lustucru avoit le principal rôle: Le Carnaval des Précieuses de ce temps, avec leur entretien facetieux, et un plaisant remède de la boutique de Lustucru pour guérir le mal de teste des femmes. S. l. n. d., in-4o. Terminons par quelques autres titres la bibliographie que tout cela nous a conduit à faire: La Requeste des femmes presentée à Vulcan, prince des forgerons, contre l'opérateur céphalique dit Lustucru, s. l. n. d., in-4o; La Plainte des hommes faicte à Lustucru, contre la Requeste presentée par les femmes, s. l. n. d., in-4o; La Gazette de la moustarde à Lustucru, s. l. n. d., in-4o; La Plainte de Lustucru constitué prisonnier par les femmes dans la plaine de Longboyau, s. l. n. d., in-4; Le Marteau salutaire, s. l. n. d., in-4o.—Lustucru fut bientôt oublié. Poisson fait encore allusion à son industrie dans le Sot vengé, et je le retrouve dans La Muse en belle humeur, 1660, in-4, p. 9. Un coq-à-l'âne inséré dans l'un des recueils de chansons de la veuve Oudot renferme un quatrain qui le rappelle aussi:
Il a vu
Lustucru
Qui forgeoit des testes
Prestes.
Une autre chanson populaire, citée dans l'Ane de Crités, p. 109, parle aussi du compère; enfin la chanson de la mère Michel nous l'a fait connoître, du moins de nom; mais voilà tout. Il ne figure même plus sur les gravures populaires imitées de celles du 17e siècle, et qui circulent encore. Je ne vous citerai que la plus connue: La Forge merveilleuse, où l'on voit des femmes forgeant la tête de leurs maris pour la rendre meilleure. Ces dames, comme vous voyez, se sont donné leur tour. Dieu merci, la vieille enseigne, encore fameuse dans quelques villes de province, et à laquelle une des rues de l'île Saint-Louis doit son nom, continue de nous venger. Elle représente une femme sans tête, et on lit au bas: tout en est bon.
[81]: Henri, duc d'Anjou, fut élu roi de Pologne par la diète de Varsovie, le 9 mai 1573. Le 10 septembre suivant, après la messe, il prêta serment à Notre-Dame, devant l'autel, en présence des treize ambassadeurs qui étoient venus de Pologne à Paris lui apporter le décret de son élection. Le 27 du même mois il quitta Paris, avec la brillante suite dont nous donnons ici le Catalogue, et après de fréquentes haltes sur la route et toutes sortes de lenteurs, calculées sur l'espoir qu'il avoit d'être rappelé en France pour succéder à son frère Charles IX, déjà gravement malade, il n'entra dans Cracovie que le 8 février 1574, pour être couronné trois jours après.
[82]: Il publia, quelques mois après, un Extrait des lettres d'un gentilhomme de la suitte de Monsieur de Rambouillet, ambassadeur du roy au royaume de Pologne, à un seigneur de la court, touchant la legation dudit seigneur, etc. De Cracovie, 12 décembre 1573, in-8. Cette pièce a été reproduite dans les Archives curieuses, 1re série, t. IX, p. 137.
[83]: N'ayant encore que dix-sept ans, le duc d'Anjou avoit gagné la bataille de Jarnac et de Montcontour.
[84]: C'étoit alors un mot nouveau et à la mode. Selon Ménage, en ses Observations sur la langue françoise, p. 306, c'est Joachim Du Bellay qui l'avoit employé le premier dans son traité de la Défense et illustration de la Langue françoise. Trois ans après on le traitoit encore comme un néologisme. «Le nom de patrie, dit Ch. Fontaine, est obliquement entré et venu en France nouvellement.» (Quintil Censeur, Lyon, 1576, in-12, p. 165.)
[85]: René de Villequier, baron de Clairvaux. «Il suivit le duc d'Anjou en Pologne, dit Lenglet-Dufresnoy dans ses notes sur le Journal de Henri III (t. I, p. 214), et le servit en qualité de grand-maître de sa maison.» V., sur lui, les Additions à Castelnau, t. II, p. 818, et les Mémoires de Marguerite de Valois, édit. elzev., p. 134.
[86]: L'un des mignons du prince. Il fut tué avec Maugiron dans le duel qui eut lieu en 1578 sur le marché aux chevaux des Tournelles, devenu depuis la place Royale.
[87]: Frère de celui qui a été nommé tout à l'heure.