[98]: Encore un Guise, et l'un de ceux qui avoient pris le plus de part aux massacres de la Saint-Barthélemy. Catherine, en donnant les princes de Lorraine pour escorte au nouveau roi de Pologne, avoit sans doute à cœur d'affaiblir le parti des Guise, qui devenoit de plus en plus menaçant en France. Elle affoiblissoit aussi le parti catholique, et l'on s'en plaignit. (Bibliothèque impériale, manuscrits Fonds des Minimes, no 32, fol. 344.) Ce cortége ne fut pas une sauvegarde, loin de là, pour le duc d'Anjou, quand il traversa des Etats protestants. On savoit tout ce qu'il avoit fait pour la tuerie du 24 août 1572: aussi n'étoit-il pas besoin de lui donner tout une escorte de complices pour soulever contre lui, au passage, l'indignation des princes calvinistes. «Que si le monarque passoit à travers le pays protestant, dit Schomberg dans une de ses dépêches, § 4, il n'y auroit pas de sûreté pour luy.» Il s'y risqua cependant, s'il faut en croire de Thou (liv. 57), et, d'après lui, Gaillard, mais il faillit s'en trouver mal. C'est dans le Palatinat qu'il s'étoit hasardé. «En entrant dans le cabinet de l'électeur, le premier objet qui frappa ses regards fut un portrait fort ressemblant de l'amiral Coligny. «Vous connoissez cet homme, Monsieur, lui dit l'électeur d'un ton sévère; vous avez fait mourir le plus grand capitaine de la chrétienté, qui vous avoit rendu le plus signalé service, ainsi qu'au roi votre frère.» Le roi de Pologne, un peu troublé, répondit: «C'étoit lui qui vouloit nous faire mourir tous, il a bien fallu le prévenir.—Monsieur, répliqua l'électeur, nous en savons toute l'histoire.» A table, le roi de Pologne ne fut servi que par des huguenots françois échappés au massacre, qui sembloient le menacer en le servant; et l'électeur parut prendre plaisir, pendant toute la journée, à lui faire craindre, pour la nuit, des représailles.» (Gaillard, Hist. de la rivalité de la France et de l'Angleterre, t. V, p. 159.) Je ne donne cette histoire que pour ce qu'elle vaut, en la regardant comme un peu trop romanesque pour être bien vraie. Un passage des Mémoires du duc de Bouillon feroit même croire que l'électeur palatin ne dut pas faire si mauvais accueil au roi de Pologne. (Collect. Michaud, 1re série, t. XI, p. 15.)

[99]: M. Pomponne de Bellièvre, qui fut plus tard chancelier de France.

[100]: Roche-Châteignier, seigneur de la Roche-Posay. Il étoit aussi du parti des Guise, et par conséquent de ceux que Catherine tenoit à éloigner. Quand le duc de Guise étoit allé en Italie, en 1557, il l'y avoit suivi avec cent chevaux. Dans cette expédition, il prit La Mirandole, et y fut blessé. (Mémoires de Boyvin, coll. Petitot, 1re série, t. 29, p. 122.)

[101]: Jean-François de La Guiche, seigneur de Saint-Géran. Il fut plus tard maréchal de France, et mourut le 2 décembre 1632.

[102]: François Catillac de Sessac. (V., sur lui, Mémoires de de Thou, coll. Michaud, 1re série, t. XI, p. 339.) Il avoit été lieutenant de la compagnie de gendarmes du duc de Guise, et, sans ce que j'ai dit tout à l'heure, je m'étonnerois de le trouver dans la suite du duc d'Anjou. C'est lui, en effet, qui rendit témoignage de la complicité de ce prince dans le meurtre de Coligny.

[103]: Henri de Silly, comte de La Roche-Guyon, premier mari de madame de Guercheville. Il mourut en 1586.

[104]: Louis de Bérenger, seigneur du Gua ou de Guast. On l'appeloit souvent le capitaine Le Gas. On savoit déjà par L'Estoile qu'il avoit suivi le duc d'Anjou en Pologne. (Edit. Lenglet-Dufresnoy, t. I, p. 100.) La reine Marguerite le fit assassiner par le baron de Viteaux, le 31 octobre 1575. (V., sur lui, Mémoires de Marguerite de Valois, édit. L. Lalanne, passim.)

[106]: L'un des fidèles et des spadassins mignons du duc d'Anjou. Il figure comme tel, avec Larchant, Sommerez, etc., dans le procès de La Mole et Coconas. (V. Archives curieuses, 1re série, VIII, 137.) Il ne faut pas le confondre avec P. d'Eguaim, sieur de Belleville, huguenot enragé.

[106]: Le seigneur de Lescun, fils de Thomas de Foix, l'un des braves capitaines du temps de François Ier.

[107]: C'est sans doute l'un de ces capitaines italiens comme il y en eut tant à la cour des Valois, et le même dont il est parlé au chapitre II de la Confession de Sancy. Il y est dit qu'il se tua.