[224]: M. Ouin-Lacroix mentionne les lettres-patentes de Henri III, mais sans en dire la date. Il ne parle pas des statuts de 1478.

[225]: Suivant M. Ouin-Lacroix, il y auroit eu encore un autre règlement en 1711.

[226]: Elles avoient même le privilége de fabriquer les liens de chapeaux et de garnir les bonnets avec de la fourrure. Les chapeliers réclamèrent inutilement en 1669, et les fourreurs en pure perte aussi sept ans après. (Ouin-Lacroix, p. 124.)

[227]: A Paris, les perruquiers avoient seuls ce dernier privilége, et Me Bigot en prend occasion pour les railler encore: «Tondre une tête, acheter sa dépouille, donner à des cheveux qui n'ont plus de vie la courbe nécessaire avec le fer et le feu; les tresser, les disposer sur un simulacre de bois, employer le secours du marteau, comme celui du peigne, mettre sur la tête d'un marquis la chevelure d'un savoyard, et quelquefois pis encore; se faire payer bien cher la métamorphose... ce ne sont là que des fonctions purement méchaniques, et qui n'ont aucun rapport nécessaire avec l'art...»

[228]: Entre cet arrêt de 1752 et les lettres-patentes de 1772, il avoit été rendu un jugement que l'avocat des coiffeuses de Rouen auroit pu invoquer, s'il l'eût connu. C'étoit une sentence du parlement d'Aix, du 20 juin 1761, dans un procès semblable intenté par les perruquiers-barbiers de Marseille aux coiffeurs des dames de la même ville. Ceux-ci avoient eu gain de cause.

[229]: Ce bureau étoit au couvent des Carmes, où la corporation des coiffeurs étoit placée sous l'invocation de Notre-Dame-de-Recouvrance.

[230]: Les barbiers, comme on sait, étoient aussi chirurgiens, et les chirurgiens barbiers, «par la raison, dit M. de Paulmy, qu'il falloit que celui qui se trouvoit continuellement dans le cas de faire quelque blessure sût au moins les guérir.» Quand l'art de la chirurgie eut été honoré, au 17e et au 18e siècle, de nombreuses distinctions, on dédaigna de s'y abaisser au métier vulgaire de la barberie, et «surtout de l'accommodage des cheveux». Ce fut désormais, à Paris du moins, la profession spéciale des barbiers. Ils n'eurent plus rien de commun avec les chirurgiens, sauf sur un point. Le premier chirurgien du roi, qui étoit en même temps son premier barbier, resta chef de la barberie et de la chirurgie réunies, ce qui lui permit de ne pas renoncer à ses honoraires sur les deux communautés. (Mélanges tirés d'une grande bibliothèque, t. XXXII, p. 270.)

[231]: Je ne sais quel fut le résultat de ce mémoire. Il est probable qu'il fit accorder gain de cause aux coiffeurs. Ce seroit, autrement, la seule affaire de ce genre, à cette époque, où les perruquiers l'auroient emporté. Il y avoit longtemps qu'ils se targuoient, mais sans plus de succès, de prétentions semblables. En 1724, les perruquiers de Rhétel avoient été jusqu'à faire un procès au barbier du bourg de Vouzy-sur-Aisne, parce que, disoient-ils, l'existence de tout barbier de village étoit une illégalité. Les habitants de la campagne, tout éloignés qu'ils fussent des villes, n'avoient pas, à les entendre, le droit de se faire faire la barbe, ni les cheveux, ni de faire poudrer leurs perruques. Ils devoient, de par la loi, ne se faire accommoder qu'à la ville, sous peine de porter une perruque hérissée, sans poudre, et une barbe de capucin. Par arrêt du 4 septembre 1724, la Cour de Rhétel débouta de leur prétention ces monopoleurs des barbes et des perruques villageoises. (Causes amusantes, t. II, p. 257-272.)—Quant au procès intenté par les perruquiers de Paris contre les coeffeurs des dames, ce furent encore une fois ceux-ci qui le gagnèrent (V. p. 215, note). Le rimeur qui s'etoit fait le rapporteur poétique de l'affaire les félicita de ce succès dans la pièce que j'ai indiquée plus haut (p. 216, note):

Thémis, qui n'a d'autre toilette
Qu'un siége illustre, où ses arrêts
Des Dieux même sont les décrets,
Par la vois de leur interprète
Des mains des tyrans perruquiers
Nous a délivrés par huissiers,
Et notre victoire est complète,
Le prevost, le garde et syndic
Barberie et perruquerie
Le sergent de la confrairie,
Ne se coefferont plus du tic
D'encoffrer notre coefferie.
Et chacun fera son trafic.

Par cette même pièce on apprend qu'en outre des coiffeurs de dames il y avoit aussi à Paris, comme à Rouen, des coiffeuses, qui partagèrent le succès de leurs confrères. Si ce métier leur eût fait défaut, elles s'en fussent consolées vite; elles n'en manquaient pas d'autres. Voici ce qu'en dit le poëte des coiffeuses, comme s'il étoit coiffeur lui-même: