On la voit à l'église avec un tour de teste
Regarder si Phillane a pris garde à son teste,
Et dit, en souriant, à travers le mimy:
«Que j'aime ces beaux nez d'un empan et demy!»

Plus tard, les mimis faillirent l'emporter sur les masques, et peu s'en fallut qu'il n'y eût querelle entre celles qui préféroient les uns et celles qui tenoient pour les autres: «Les mimis ont failli de se brouiller avec les masques,» lit-on dans les Jeux de l'Inconnu, Rouen, 1645, in-8o, p. 165. Le mimi s'appela ensuite un loup, «parce que d'abord, dit Furetière en son Dictionnaire, il faisoit peur aux petits enfants.» Il ne s'attachoit pas; on le tenoit dans la bouche avec un bouton. C'est ce qu'on avoit appelé d'abord un touret de nez. V. l'Heptaméron, 1er janvier, 20e Nouvelle.

[34]: Ils alloient ainsi côte à côte, sur une longue file très serrée, ce qui porta malheur au musicien Chambonnière. «Il avoit, lit-on dans le Segraisiana, p. 79, un carrosse traîné par deux méchants chevaux, avec un page en effigie et rempli de foin, attaché sur le derrière. Etant au Cours avec ce carrosse, où les carrosses se suivent en marchant lentement, suivant la coutume, les chevaux du carrosse qui suivoient le sien, sentant le foin devant eux, se mirent à prendre le page par les jambes. Quelqu'un, qui s'en aperçut, cria au cocher: «Prenez garde à vos chevaux, ils mangent le page de monsieur.» Chambonnière logeoit dans ce quartier, et comme ces chevaux n'eussent pu faire le voyage du Cours-la-Reine, il ne les menoit qu'au Cours de la porte Saint-Antoine. C'est tout près, sur le rempart du Marais, aujourd'hui le boulevard Saint-Antoine, qu'il les envoyoit paître. «Je vous laisse à penser, dit Tallemant, en quel estat ils estoient. Des escorcheurs les prirent pour des chevaux condamnés, et, un beau matin, ils les écorchèrent tous les deux.» Historiettes, édit. P. Paris, t. VII, p. 387.

[35]: Il l'étoit en effet dans les jours de sécheresse autant que boueux dans les jours de pluie. Richelieu avoit eu l'intention de le faire paver, mais n'avoit pas, malheureusement, mis ce projet à exécution. Tallemant, édit. in-12, t. VI, p. 77.

[36]: Comme les ladres, forcés de cliqueter ainsi pour avertir qu'on ne les approchât pas. Les gens à cliquettes, en devenant plus nombreux, formèrent ce qu'on appelle encore une clique. Le mot quiquelique, qu'employoient les écoliers au moyen âge, avoit déjà un sens injurieux. Bataille des Sept arts, édit. Jubinal, p. 22 et suiv.

[37]: La moustache étoit la boucle de cheveux pendant sur les yeux et sur les joues.

[38]: C'étoit le nom donné depuis Henri IV aux jeunes beaux de Paris. Sully, Œconomies royalles, 1re édit., t. II, p. 107. Ce mot se prenoit aussi alors dans le sens d'entremetteur. C'étoit le mezzano italien. V. Guzman d'Alpharache, traduct. de Chapelain, 1re part., liv. I, ch. 8.

[39]: Les petits marchands de ces friandises ne manquoient pas sur le Cours; mais, pour les avoir bonnes, il falloit s'en fournir rue Saint-Antoine, près Saint-Paul, chez Flechmer, l'illustre pâtissier qui, suivant Marigny en son poëme du Pain béni, avoit le monopole des pains bénits de la paroisse: «Le sieur Flechmer, lit-on dans le Livre commode des Adresses, fait un grand débit de fines brioches, que les dames prennent chez lui en allant au Cours de Vincennes.»

[40]: C'est le valet de cœur au reversis, et par suite en bien d'autres jeux: «La jeune Iris,» dit S. Pavin en des stances à Mlle de Sévigné, que M. Montmerqué publia le premier (Lettres de Mme de Sévigné, édit. Blaise, 1818, in-12, t. I, p. 195):

La jeune Iris n'a de souci
Que pour le jeu de reversi;
De son cœur il s'est rendu maître;
A voir tout le plaisir qu'elle a
Quand elle tient un Quinola,
Heureux celui qui pourroit l'être!