[51]: C'est-à-dire qu'il s'y livroit à la culture de ses jardins, dont cette année même son médecin, Abel Brunyer, publioit, pour la seconde fois, la description, sous le titre d'Hortus regius Blesensis. V. pour la vie de Gaston à Blois à cette époque, les Mémoires de Mlle de Montpensier, édit. Petitot, t. III, p. 39, 233-234, et l'Histoire du château de Blois, par. M. de La Saussaye, 1840, in-12, p. 416 et suiv.

[52]: Condé, qui commandoit alors dans l'armée espagnole, eut le bonheur de ne pas gagner, contre son roi, cette bataille, qui eût si fort avancé ses affaires de rebelle.

[53]: Il n'en prit pas en effet. Depuis sa sortie de la prison, où il étoit resté un an avec les princes de Condé et de Conti, il ne se mêla pas activement aux affaires.

[54]: Il avoit alors dix-sept ans passés.

[55]: Marie Mancini, mariée en 1661 au connétable du royaume de Naples, Laurent Colonna, et morte au mois de mai 1715. La date donnée ici aux commencements des amours de Louis XIV avec cette nièce du cardinal confirme celle qui se trouve dans les Agréments de la jeunesse de Louis XIV, pièce ajoutée à l'Histoire amoureuse des Gaules (édit. elzév., t. II, p. 3), et dément l'opinion de M. Ch. Livet, qui prétend que cette passion commença deux ans plus tard, en 1657 (ibid.).

[56]: «Il choisit Mlle Mancini, laide, grosse, petite, ayant l'air d'une cabaretière, mais de l'esprit comme un ange, ce qui faisoit qu'en l'entendant, on oublioit qu'elle étoit laide, et l'on s'y plaisoit volontiers.» Le Palais-Royal dans l'Histoire amoureuse des Gaules, t. II; p. 31. Le portrait que fait d'elle Mme de Motteville n'est pas, sans être plus flatteur, tout à fait d'accord avec celui-ci: Loin d'être petite, Marie étoit grande pour son âge, mais mal faite; loin d'être grosse, elle étoit maigre à faire peur et décharnée. Mémoires (coll. Petitot, 1re série, t. 39, p. 400-401). Quant à son esprit, personne, ni Somaize dans son Dict. des Prétieuses (édit. elzév., I, p. 163), ni Mme de Motteville, ne le mettent en doute. Celle-ci seulement le trouve «rude, emporté... mal tourné».

[57]: Elle ne se fit pas, et, contrairement à ce qu'on pouvoit penser, c'est Mazarin lui-même qui l'empêcha. Il éloigna sa nièce, et négocia le mariage du roi avec l'infante d'Espagne. Les courriers royaux portèrent pendant plusieurs mois à Brouage, exil de Marie, les billets du prince amoureux. Mazarin le sut, et les lettres qu'il écrivit alors au roi pour lui reprocher avec énergie de compromettre ainsi le résultat des conférences commencées, prouvent, à sa gloire, que l'honneur royal lui étoit plus cher que l'intérêt de sa famille. «Jamais, dit M. Bazin au sujet de ces lettres, dont les originaux existent, jamais homme réputé vertueux dans l'histoire n'a laissé un plus beau document à l'appui de sa renommée.» Hist. de Mazarin, t. IV, p. 424.

[58]: Ce qui ne fut pas longtemps à craindre, grâce à l'alliance conclue bientôt après entre Mazarin et Cromwell, Em. de Bonnechose, Hist. d'Angleterre, t. III, p. 349.—Si Mazarin avoit pu vaincre les répugnances de Charles et lui faire épouser sa nièce Hortense Mancini, les affaires eussent pris une autre tournure; mais les cinq millions qu'il offroit en dot ne parvinrent pas à dorer suffisamment la mésalliance. Charles refusa, et fut abandonné.

[59]: Fabio Chigi, élu pape, le 7 avril précédent, sous le nom d'Alexandre VII.

[60]: Non-seulement on n'avoit pas eu part à cette élection, mais on y avoit nui autant qu'on avoit pu: «L'opposition de la France à Chigi, dit Retz dans ses Mémoires (1719, in-12, t. III, p. 377), étoit encore plus publique et plus déclarée que celle des autres puissances. M. de Lionne, neveu de Servien, en parloit, à qui le vouloit entendre, comme d'un pédant, et il ne présumoit pas qu'on le pût seulement mettre sur les rangs.» Chigi ne laissa pas de l'emporter, et cela grâce surtout au parti dont le cardinal de Retz étoit l'âme, ce qui ne dut certainement pas contribuer à rendre Mazarin plus favorable au nouveau pape.