[71]: Antoine, qui fut d'abord maréchal de Guiche, puis maréchal de Grammont.

[72]: Nous ne connaissions pas cette singulière particularité, qui n'est pas toutefois invraisemblable, quand on se rappelle que Mazarin ne fut, à ce qu'on croit, jamais ordonné prêtre, et qu'il avoit commencé par être capitaine dans les troupes pontificales. Il n'auroit fait que revenir à son premier métier, en supprimant bien des grades intermédiaires, car il y a loin de capitaine à connétable. Il revint un peu plus tard à une ambition un peu plus raisonnable, quoique plus haute: «C'est, lisons-nous dans un des Manuscrits Fontanieu, une anecdote sçue de très peu de personnes, et qu'on ne trouve écrite nulle part, que le cardinal Mazarin, dans les derniers moments de sa vie, étoit sur le point d'être élu pape. La France, l'Espagne et l'État de Florence luy avoient donné leurs voix; et son élection, par ce moyen, estoit sûre. M. de Croissy, qui pour lors estoit ambassadeur à Rome, l'a dit à plusieurs de ses amis, et particulièrement à M. le cardinal Fleury, qui me l'a redit à moy-mesme. Il adjoutoit que la raison que D. Louis de Haro donnoit du consentement de l'Espagne étoit que le cardinal ayant été seul capable du projet et de l'exécution de la Jurix-Universelle, il étoit seul capable de la soutenir.»

[73]: Le correspondant est fort bien renseigné. Quelque temps après parut l'édit qui établit le papier timbré.

[74]: Le roi d'Écosse est Charles II. Ce commerce de lettres entre le cardinal et Charles étoit sans doute relatif au mariage rêvé par l'un pour marier l'autre à sa nièce Hortense, non encore pourvue. Cette dernière tentative échoua, et, le 2 novembre de la même année, Bordeaux concluoit avec Cromwell, au nom de la France, un traité dont l'une des conditions étoit l'abandon complet des intérêts de Charles II.

[75]: Fabio Chigi, avant d'être pape, avoit en effet, comme nonce en Allemagne, pris part aux conférences de Munster.

[76]: C'est bien ce que craignoit Mazarin; aussi fit-il le traité du 2 novembre, dont nous avons parlé tout à l'heure. Mazarin craignoit surtout une alliance de Cromwell avec les protestants de France, vers lesquels, en mai 1654, le Protecteur avoit envoyé le suisse Stoupe, ou bien encore une entente complète et efficace entre lui et Condé. C'est ce que celui-ci s'efforçoit de conclure depuis 1651, comme on le voit par les Mémoires de Lenet, mais sans obtenir du Protecteur autre chose que des promesses illusoires. Barrière et Lenet, puis après celui-ci M. de Saint-Thomas, étoient les agents de Condé en Angleterre, et travailloient en même temps pour les habitants de Bordeaux, restés rebelles à Mazarin, et qui espéroient le rétablissement des relations commerciales entre leur ville et l'Angleterre. Cromwell promit tout et n'accorda rien. De cette manière, il ne s'engageoit pas, mais toutefois tenait en haleine l'inquiétude de Mazarin, qui, lui aussi, avoit ses affidés à Londres, et fut peu à peu, de crainte en crainte, amené à conclure le traité de novembre. Un de ses articles secrets qui fut exécuté tout des premiers, étoit que les agents de Condé et les délégués de Bordeaux seroient expulsés d'Angleterre. On peut lire sur toute cette affaire un article rempli de renseignements inédits dans la Revue nouvelle, 1er juillet 1846, p. 379-405. Cet article, signé P. G., doit être de M. Pierre Grimblot, qui avoit publié dans la même Revue (15 nov. 1845) un curieux travail: Mazarin et Cromwell.

[77]: A la reine-mère.

[78]: Le 18 du même mois cette place fut en effet emportée, et le 25 Saint-Guillain fut pris en présence du roi.

[79]: Ce fut un faux espoir. Valenciennes fut en effet assiégé l'année suivante; mais Turenne dut abandonner l'entreprise à la suite d'un échec que Condé fit essuyer au maréchal de la Ferté, qui resta son prisonnier.

[80]: Cette pièce aussi curieuse que rare, et qui mériteroit de figurer dans les Appendices de la Satire Ménippée, est dirigée contre les chefs de la Ligue, et particulièrement contre la sœur de Guise, Catherine-Marie de Lorraine, veuve de Louis de Bourbon, duc de Montpensier. On sait la part qu'elle prit à l'assassinat de Henri III par Jacques Clément. Le nom de dame Jacquette Clément qu'on lui donne ici est une allusion directe à cette complicité. La duchesse étoit boiteuse, comme on le dit ici. V. la Satire Ménippée, 1740, in-8, t. I, p. 17.