[203]: Argument est ici dans le sens de sujet de pièce.
[204]: On sait de quelle importance furent les devises jusqu'au XVIIe siècle, où elles jouoient dans les carrousels le rôle qu'elles avoient eu dans les tournois, et figuroient comme un dernier débris des temps chevaleresques. Dans les Entretiens d'Ariste et d'Eugène, par le P. Bouhours, le VIe leur est tout entier consacré. Les grands seigneurs recouraient aux poëtes pour leur faire des devises, dont beaucoup furent des plus ingénieuses, comme on le voit par les citations du P. Bouhours. Les auteurs gardoient pour eux-mêmes quelque chose de leur marchandise, ils s'étoient presque tous donné des devises, qu'ils apposoient sur leurs œuvres, et qui souvent en étoient la seule signature. V. G. Guiffrey, Poème inédit de Jehan Marot, 1860, in-8, p. 126, note.
[205]: C'est dans les festins, à l'issue, c'est-à-dire au dessert, qu'on chantoit les chansons nouvelles, comme cela se fait encore dans les provinces, et que les auteurs essayoient leurs ouvrages par des lectures à haute voix. Les comiques y jouoient leurs farces. Cotin, dans sa Satire des Satires, reproche à Boileau d'aller avec son Turlupin, c'est-à-dire avec Primorin, son frère, et non pas avec Molière, comme on l'a prétendu, gagner ainsi, par ses bouffonneries, «de bons dîners chez le sot campagnard». Montfleury, dans l'Impromptu de l'hôtel de Condé (sc. 3), fait un reproche du même genre à Molière. Il a, fait-il dire à l'un de ses personnages, à propos de l'Impromptu de Versailles, qui, suivant lui, n'étoit rien moins qu'un impromptu,
Il a joué cela vingt fois au bout des tables,
Et l'on sait, dans Paris, que, faute d'un bon mot,
De cela, chez les grands, il payoit son escot.
[206]: Les Mémoires dont ce fragment et le suivant font partie sont du célèbre homme d'Etat Henry de Mesmes, qui joua un si grand rôle sous Henri II, Charles IX et Henri III, tant en France qu'en Italie, où il fut administrateur de la république de Sienne, au nom d'Henri II. Ces Mémoires, qui sont adressés à son fils, existent manuscrits à la Bibliothèque impériale. Ils n'ont jamais été publiés. On les connaît par l'analyse et les extraits que publia le Conservateur de 1760, t. IX, 2e partie, et surtout par le fragment qu'en donna Rollin dans son Traité des Etudes, liv. II, ch. 2, art. 1er (édit. in-4, t. I, p. 122). Ce morceau très-intéressant est le même que nous reproduisons ici, le premier, mais avec plus d'étendue que dans la reproduction de Rollin, et une plus grande exactitude de texte. Rollin le devoit à une communication que M. le président de Mesmes, de l'Académie françoise, mort en 1723, lui avoit faite de ces Mémoires, qui n'étoient pas encore sortis de la famille pour entrer à la Bibliothèque de la rue de Richelieu. Il en existoit trois manuscrits: celui dont nous parlons, un autre aux Missions étrangères; et enfin un troisième chez les Séguier.
[207]: Jean-Jacques de Mesmes, seigneur de Roissy, lieutenant civil au Châtelet, puis maître des requêtes, premier président au Parlement de Normandie, conseiller du roi, etc. Il mourut en 1569.
[208]: Jean Daurat, qui fut professeur au Collége de France, et l'un des bons grecs de ces temps-là, comme on disoit alors. Il étoit du Limousin, comme Maludan son élève. Il étoit, au dire de Ronsard, «la source qui a abreuvé tous nos poëtes des eaux pierriennes», ou bien, comme il disoit encore, «le premier qui a destoupé la Fontaine des Muses par les outils des Grecs». Claude Binet, Vie de Ronsard (Archives curieuses, 1re série, t. 10, p. 371).
[209]: Il n'avoit alors que dix ans. Le collége de Bourgogne, où on le mettoit ainsi, datoit du XIVe siècle. Il devoit son nom à la comtesse Jeanne de Bourgogne, qui l'avoit fondé en 1331 pour vingt pauvres écoliers de sa province et comté. L'Ecole de médecine en occupe la place.
[210]: Lazare de Baïf, père du poëte, qui avoit été ambassadeur de France à Venise et en Allemagne, sous François Ier, et à qui l'on doit de curieux traités latins: De re vestiaria, De re navali, etc. On se réunissoit, en cercle de savants, chez Lazare de Baïf, comme on se rassembla plus tard en une sorte d'académie chez son fils Antoine (v. t. VIII, p. 31-33, note). Ronsard étoit des assidus chez Lazare de Baïf. Quoiqu'il logeât bien loin, aux Tournelles, comme gentilhomme des Ecuries du roi, il s'en venoit à la nuit avec son ami le baron Carnavalet, jusque dans le quartier de l'Université, où demeuroit Baïf. Il y trouvoit toujours nombre de savants, et notamment Jean Daurat, «honneur du pays Limosin», qui habitoit la même maison, comme professeur de grec du fils de Baïf. Cl. Binet, Vie de Ronsard, loc. cit.
[211]: C'est le célèbre helléniste Jacques Toussaint, qui se faisoit appeler en latin Tussanus. Il mourut en 1547.