[298]: Gaston d'Orléans, qu'on avoit, à ce qu'il paroît, voulu marier aussi à madame de Combalet, avoit épousé secrètement, en 1632, Marguerite de Lorraine.
[299]: Elle n'eût fait qu'y retourner, car une partie de son veuvage s'étoit passée chez les carmélites; elle n'y retourna pas. Son oncle, désespérant de lui donner un mari, voulut lui donner un beau titre. Il lui acheta, en 1638, le duché d'Aiguillon, dont elle porta le nom jusqu'à sa mort en 1675.
[300]: Le maréchal de Créqui étoit alors aux prises dans le Milanais avec le marquis de Leganez. Il n'obtint pas ce qu'on lui souhaite ici, il ne délogea pas les Espagnols et ne se logea pas dans Milan.
[301]: Cette pièce agréable «si souvent imitée» comme l'a dit M. Cousin (La Société françoise au XVIIe siècle, t. II, p. 195), ce petit roman monétaire, prototype de tant d'autres, où l'on a mis en scène écus, schellings et même jusqu'à l'humble sou, pour leur faire raconter leur histoire, fut très-remarqué dans la société des précieuses, dont le règne finissoit quand il parut. La première édition fut presque contemporaine des Précieuses ridicules. Elle ne portoit pas le titre inscrit ici. Voici celui qu'on lisoit sur sa première page: La Pistole parlante, ou la Métamorphose du louis d'or, Paris, de Sercy, 1660, in-12. L'année suivante paraissoit une nouvelle édition avec le titre nouveau qui est resté: Le Louis d'or; à mademoiselle de Scudéry, Paris, Loyson, 1661, in-12. Nous n'en connoissons pas d'autre réimpression séparée. Le Louis d'or ne fut de nouveau publié que dans le Recueil des Poésies du Madame de La Suse, etc.; et dans celui des Pièces choisies tant en prose qu'en vers, dont La Monnoye fut l'éditeur anonyme, La Haye, Van Lom, Pierre Gosse et Albers, 1714, pet. in-8, t. II, p. 241-272. Ces recueils sont rares; les deux éditions isolées du Louis d'or le sont encore plus. On nous saura donc gré de lui donner place dans ce volume. Il le mérite non-seulement à cause de sa rareté et de son tour ingénieux et spirituel, qui en fait l'écrit le moins précieux peut-être qui soit sorti de l'école des précieuses, mais aussi à cause de l'attention accordée à son auteur Isarn par M. Cousin, dans le beau livre cité tout à l'heure, et de l'espèce de bruit fait dans un journal spécial, autour de ce même Isarn dont M. A. T. Barbier nioit l'existence, tandis que M. P. Lacroix soutenoit qu'il avoit bel et bien écrit. V. Bulletin du Bouquiniste, 1858, p. 271, 359.—Isarn ou Yzarn, dont on ne sait pas l'autre nom, étoit de Castres, comme Pellisson, mais beaucoup plus beau, plus riche, et même, ou peu s'en faut, aussi spirituel quand il falloit s'en tenir à la galanterie.—Tallemant, qui le vit beaucoup chez la femme de son cousin Gédéon Tallemant, dont la passion pour Isarn fit grand bruit, dit de lui (édit. P. Paris, t. IV, p. 389): «Garçon bien fait, qui a bien de l'esprit et qui fait joliment des vers.» On jugera tout à l'heure de la vérité de ce dernier éloge. Il eut force aventures galantes, car il se piquoit peu de constance, ainsi que nous le ferons voir plus loin en son lieu. C'étoit un des assidus de la société du samedi chez mademoiselle de Scudéry ou chez mademoiselle Boquet. Dans la fameuse journée des Madrigaux (20 décembre 1653), dont Pellisson rédigea le procès-verbal, Isarn est présent, et, comme toujours, place son mot et ses petites rimes: «Isarn, dit M. Cousin, pressé de rimer à son tour, répond en vers qu'il lui faut un délai d'une quinzaine, et proteste qu'à l'avenir il aura toujours des impromptus dans sa poche.» Fait-on quelque part gala de précieux ou de précieuses, dîne-t-on, par exemple, chez l'évêque de Vence, Godeau, soyez sûr qu'Isarn est du régal, avec Chapelain, mademoiselle de Scudéry et mademoiselle Robineau. S'il s'absente de Paris pour aller à Bordeaux, il est toujours d'esprit, et de cœur avec ses amis. Ainsi au mois d'octobre 1656, Pellisson écrit à mademoiselle de Scudéry qu'il a reçu deux billets galants d'Isarn, à qui une nouvelle maîtresse qu'il aime fort ne fait pas oublier sa chère société de Paris. Je ne sais ce qu'il devint, ni quand il mourut. Après le temps des précieuses, je ne trouve plus Izarn. Un personnage de ce nom, commis de Seignelay, m'est indiqué, par les Mémoires d'Amelot de la Houssaye (t. II, p. 366), comme ayant suivi à Venise ce jeune secrétaire d'Etat; mais ce n'est pas le notre, c'est un de ses parents.
[302]: Les pistoles étoient une monnoie d'Espagne, mais il en venoit aussi d'Italie. «Elles étoient du poids des louis et au même titre et remède.» Voilà pourquoi Isarn a pu indifféremment appeler la pièce qu'il fait parler pistole ou louis d'or. La pistole avoit déjà la valeur qu'on lui a laissée dans les provinces, où son nom est encore employé comme signe monétaire. Elle valoit dix francs; c'étoit aussi le taux du louis. En 1648, pendant les premiers temps de la misère de la Fronde, on le fit monter jusqu'à douze francs; mais, en 1662, le roi le rabattit à son ancien taux. En 1689, par ordonnance du mois de décembre, il revint à sa valeur révolutionnaire et même la dépassa; il fut porté à 12 liv. 10 sols (Journal de Dangeau; édit. complète, t. III, p. 39). Sous la régence, en 1718, il monta d'un tiers; il étoit à 18 livres, et le double louis à 36. «Mon fils, écrit la duchesse d'Orléans (Nouv. Lettres, édit. G. Brunet, p. 150), est venu cet après-midi, et nous a apporté l'arrêt qui modifie le cours du numéraire; le louis d'or vaut désormais 36 livres. Ceux qui ont beaucoup d'argent gagneront joliment.» Sous Louis XV, il redescendit à 30 livres, et le louis simple à 15, mais ce fut pour remonter à 20, puis à 24, où nous l'avons vu.—Il y a dans la Muze normande de David Ferrand, 26e partie, une ballade sur le rabais des Louys, en 1662.
[303]: Bien faisant, qui étoit un mot tout nouveau, ne s'écrivoit pas alors tout d'une pièce. On séparoit, comme ici, l'adverbe du participe, de façon qu'ils ne fissent jamais complétement corps et pussent garder l'allure qui leur étoit propre. Ou auroit cru faire une faute alors si l'on avoit dit: plus bien faisant. On disoit, comme fit Voiture dans une de ses lettres: mieux faisant. Quant à bienfaisance, c'etoit un mot créé par Balzac, mais qu'on n'employoit pas. Un siècle après, l'abbé de Saint-Pierre le retrouva (V. Mémoire pour diminuer le nombre des procès, p. 37), et on lui en fit honneur comme d'une invention.
[304]: Isarn, qui étoit très-magnifique dans ses courts amours, savoit mieux que personne le pouvoir des pistoles bien employées pour la conquête d'un cœur. Dans le Cyrus (t. VII, liv. iii), où, comme nous verrons, il est peint sous le nom de Thrasile, on le voit toujours en dépense pour quelque maîtresse: «Tantôt il luy donnoit le bal, une autre fois il la surprenoit par une musique. Si elle s'alloit promener et qu'il y fust, il faisoit qu'elle trouvast une collation magnifique.»
[305]: C'étoit le mot qui, depuis quelque temps, étoit devenu à la mode pour exprimer les fleurs de bien dire, dont l'amoureux parfume ses paroles pour faire accepter son amour. Les livres où ceux dont le cœur ne parloit pas d'abondance alloient se fournir de belles phrases avoient même pris pour titre le mot que je viens de dire: Fleurs de bien dire.... pour exprimer les passions amoureuses de l'un comme de l'autre sexe, Paris, Guillemot, 1598, pet. in-12; Les Marguerites françoises, ou Fleurs de bien dire, etc., Rouen, Behoust, 1625, in-12. Le Nicodème du Roman bourgeois (édit. elzevir., p. 88), «qui estoit un grand diseur de fleurettes», avoit cueilli celles qui jonchoient sa conversation avec Javotte dans ces Marguerites françoises.—Chez les Grecs, on disoit, dans le même sens, ρωδα ἕιρειν, parler roses (Aristoph., Nuées, act. II, sc. 3). Le Noble a voulu chercher une autre étymologie: il a cru que conter fleurettes, c'étoit compter à celle qu'on aime une somme d'argent, en cette jolie monnoie du temps de Charles VI sur laquelle étoit marquée une petite fleur, florette. Il s'est trompé. V. Lettres de madame Du Noyer, 1757, in-12, t. III, p. 225.
[306]: Isarn n'étoit pas homme à faire sa pâture de ces creuses bagatelles; il lui falloit l'amour réel et toujours nouveau. Dans le Cyrus, où sous le nom de Thrasile il est donné pour le type de l'inconstance, on le voit tour à tour amoureux de quatre princesses (t. VII, liv. III). Cyrus lui en fait reproche, et Thrasile répond: «On peut avoir plusieurs amours sans être infidèle.» S'il n'aimoit qu'un jour, ce jour du moins étoit tout de galanterie et de magnificences, ainsi que nous l'avons fait voir tout à l'heure. Une Gazette du Tendre, conservée dans les manuscrits de Conrart (in-fol., t. V, p. 147), nous donne des nouvelles de son inconstance. Elles sont datées d'Oubly: «Il arriva icy, il y a quelques jours, un estranger (M. Izarn) de fort bonne mine, qui, après avoir passé de Nouvelle-Amitié à Grand-Esprit, de Grand-Esprit à Jolis-Vers, de Jolis-Vers à Billet-Galant, et de Billet-Galant à Billet-Doux, s'égara en partant de cet agréable village; de sorte qu'au lieu d'aller à Sincérité, il vint dans notre ville, où il fut un jour tout entier sans s'apercevoir qu'il estoit égaré. Mais aussy, dès qu'on l'en eut fait apercevoir, il partit d'icy avec tant de diligence, qu'il y en a qui assurent qu'il a plus fait de chemin en deux jours qu'il en n'en avoit fait depuis qu'il étoit parti de Nouvelle-Amitié.» Un peu plus tard, on le retrouve à Respect, d'où il part pour Tendre, à la nage.
[307]: On appeloit diamant en table celui qui étoit taillé de sorte que sa surface restait plane, avec de simples biseaux. Ainsi taillé et enchâssé dans l'or, il servoit surtout pour les bracelets.