[325]: Claude Bullion, dont la fortune commençoit alors. Il avoit pris part vers ce temps-là aux conférences de Soissons, et l'on avoit parlé de lui pour la place de chancelier de la jeune reine. (Lettres de Malherbe à Peiresc, p. 434.) Mais, peu après, un caprice du maréchal d'Ancre lui fit tout perdre. Richelieu, qui le fit surintendant des finances, le lui rendit, et de reste. Voir sur lui t. IX, p. 32-33.

[326]: La hart est cette branche flexible qu'on prend pour lier un fagot. Elle le serre comme la corde sur le cou du pendu, de là vient que celle-ci s'appeloit aussi une hart. V. Anc. Théâtre, t. II, 45; VII, 25; VIII, 101; et Caquets de l'Accouchée, p. 172, où se trouve rappelé le proverbe: «La hart sent toujours le fagot.»

[327]: Il y a encore ici quelques allusions au chancelier Mangot, qui, dans les chansons et pasquils du temps, n'est pas en effet appelé autrement que Magot. Au bas de l'une des estampes qui parurent après l'assassinat de Concini, avec ce titre: Tableau et emblesme de la detestable vie et malheureuse fin du maistre Coyon, on lit, entre autres stances satiriques:

Magot, leur Suçon et Barbin,
Sont tout au plus haut de la roue
Et au bas quand le Coyon joue
Vieille-Foy, Du Vray et Nanin.

Du Vray, Vieille-Foy et Nanin
Sont maintenant au haut estage;
Le Coyon n'est plus dans la cage:
A bas Magot, Suçon, Babin.

Babin, c'est Claude Barbin, contrôleur général des finances; Suçon, c'est l'évêque de Luçon, Richelieu; Du Vray, le chancelier Du Vair, congédié; Vieille-Foy, Villeroy, ministre disgracié aussi; et Nanin, le président Jeannin.

[328]: La femme de Concini, Eléonora Dori, qui se faisoit appeler Galigaï, «parce qu'à Florence, dit Tallemant (édit. in-12, II, p. 194), quand une famille est éteinte, pour de l'argent on peut avoir permission d'en prendre le nom, et c'est ce qu'elle a fait.»

[329]: Concini étoit vendu au roi d'Espagne, qui par là semble bien digne à notre satirique d'être compris dans l'autodafé.—Nous avons parlé en plusieurs autres pièces des richesses immenses entassées par Concini, et qui lui venoient soit de ses connivences avec l'Espagne, soit de la dilapidation de nos finances; nous ajouterons ici une note à propos des trésors que, plus de trente ans après son assassinat, le peuple croyoit encore enfouis dans l'hôtel du maréchal, rue de Tournon: «Bruit par Paris, écrit Dubuisson-Aubenay, dans son Journal manuscrit, sous la date du 23 avril 1650, qu'hier au soir on travailla par ordre de M. le duc d'Orléans dans le jardin de l'hôtel des ambassadeurs extraordinaires, où loge à présent le duc de Damville, comte de Bryon, qui est allé en son gouvernement de Limousin et y a laissé sa femme: et ce pour chercher deux cent mille pistoles qu'un advis, venant d'Italie, envoyé par une femme, devoient estre cachées en terre, en ce lieu là, dès le temps que le maréchal d'Ancre y demeuroit.»

[330]: Ce manifeste est celui que le duc de Buckingham avoit daté de son bord, le 21 juillet 1627, veille de son débarquement à l'île de Ré. Il y expliquoit les raisons qui avoient déterminé le roi Charles à l'envoyer avec une flotte au secours de La Rochelle, «par pur zèle de religion». (Leclerc, La Vie de Richelieu, 1724, in-12, t. I, p. 301.)—On verra tout à l'heure que, malgré l'exacte police de Richelieu, des exemplaires de ce manifeste s'étoient glissés jusque dans Paris, et se vendoient sous le manteau. Le cardinal prit alors le parti d'y faire répondre, et choisit une des bonnes plumes qui fussent à son service. Nous connoissons en effet peu de livrets de ce temps où il se trouve autant d'esprit et de verve. Il est probable que Richelieu fut pour beaucoup dans l'inspiration de ce pasquil, peut-être même dans sa rédaction, et j'assurerois qu'il en fut content. L'auteur, que nous ne connaissons pas, avoit pris avec intention le pseudonyme de Francion, qui accusoit bien sa qualité de François et le but tout patriotique de sa réponse. C'étoit du reste un nom aimé de Richelieu. Nous le trouvons porté par le personnage qui parle pour la France dans la tragédie d'Europe, qu'il fit en collaboration avec Desmarets.

[331]: Notre Francion joue ici sur le nom du duc de Buckingham, que l'on prononçoit alors partout en France Boucingant.