Le grand-maître et le maître des cérémonies prirent congé d'eux au bas du grand escalier, et le duc de La Feuillade, avec le comte de Bonneuil, les conduisant à la salle de descente, ou l'on les vint prendre peu de temps après pour les mener dîner en la salle du conseil, avec table de vingt couverts, dont le duc de La Feuillade fit les honneurs, les sieurs Bonneuil, Girault et Stolf dînant avec eux. Après le dîner, les ambassadeurs eurent une audience de monseigneur le dauphin, et y furent conduits par le maréchal de La Feuillade, par le grand-maître des cérémonies, par le sieur de Bonneuil, et par l'officier des gardes-du-corps, avec les mêmes cérémonies qu'ils avoient été conduits chez le roi. Ils étoient précédés des mandarins, qui firent leurs révérences avec le même respect qu'ils les avoient faites au roi, s'agenouillant ensuite, et s'asseyant par terre pendant l'audience.
Monseigneur reçut les ambassadeurs assis et couvert, et ne se découvrit que dans le temps que les ambassadeurs firent les dernières révérences.
Le compliment de l'ambassadeur fini, l'abbé de Lyonne le lut en français, et servit d'interprète.
Les ambassadeurs ne virent point Mlle la dauphine: elle venoit d'accoucher[162]. Le duc de La Feuillade, après les avoir conduits à la salle de descente, prit congé d'eux, sa fonction cessant.
Les ambassadeurs allèrent, accompagnés de l'introducteur, du grand-maître et du maître des cérémonies, du sieur Girault et du sieur Stolf, chez M. le duc de Bourgogne, chez M. le duc d'Anjou, et chez M. le duc de Berri, chez Monsieur, chez Madame[163], les visitant tous les uns après les autres dans leurs appartements avec les mêmes cérémonies.
Leurs visites faites, ils partirent pour Paris dans les carrosses du roi, sans être accompagnés du duc de La Feuillade; les gardes françaises et suisses étant, à leur passage, sous les armes, tambours appelants.
Ce même jour, à leur retour, le prévôt des marchands les envoya prier, par le greffier de la ville, de vouloir se trouver, le lendemain, au feu d'artifice qu'on devoit tirer devant l'Hôtel-de-Ville pour la naissance de monseigneur le duc de Berri; mais comme il ne parla qu'au chef de l'ambassade, qui se mettoit au lit, l'ambassadeur s'excusa de ne pouvoir rendre réponse qu'après avoir conféré avec les autres ambassadeurs. Le lendemain, ils envoyèrent dire qu'ils ne pouvoient prendre aucun plaisir qu'ils ne se fussent auparavant acquittés, envers les princes et princesses, de leurs devoirs.
Le 7, ils allèrent à Saint-Cloud voir M. de Chartres et Mademoiselle, et firent ensuite les autres visites, sans observer les mêmes révérences qu'ils avoient faites à monseigneur le dauphin, à Monsieur et à Madame.