Auparavant que sortir d'Angleterre,
L'on a chassé mes Prestres et amis;
L'on a brizé jusqu'à mon Crucifix,
Et mes Autels l'on a jette par terre[227].
Un faut semblant de Foy, d'hypocrisie,
Vous a causé cette rébellion:
Chacun esprit fait sa Religion;
Vous voguez tous au flot de l'heresie.
Le Ciel pour vous appreste ses tempestes;
Vous ne voyez vos malheurs à present.
Asseurez-vous que ce sang innocent
Retombera quelque jour sur vos testes.
Traistre Ecossois, mais plustost double traistre,
Le Roy s'estoit jetté entre vos bras;
Pour de l'argent, ainsi comme Judas,
Vous avez pris et vendu vostre maistre[228].
Il n'est permis à la puissance humaine,
Pour cas qu'il soit, d'attenter à son roy;
Aussi n'est-il escrit en nulle loy:
Dieu seul le peut de sa main souveraine.
Peux-tu choquer de ce Dieu la presence,
Peux-tu, meschant, estre encor plus que Dieu:
Si sa justice opère en quelque lieu,
Ce n'est le roy, mais plustost ton offense.
Sur tous les roys Dieu est souverain maistre;
Et si quelqu'un est injuste ou tyrant,
Ne peut-il pas de son bras tout puissant
En un clin d'œil lui arracher son sceptre?
Ne peut-il pas l'escraser d'un tonnerre
Sans le laisser dessus un lict mourir;
Ne peut-il pas encore le punir
De ses fleaux: peste, famine et guerre?
Quand tu n'aurois qu'au cœur la souvenance
(Tout tel qu'il soit, qu'il est oingt du Seigneur),
Tu ne devois faire telle rigueur,
Puisque l'effet surpassoit la puissance.
Ceux qui ont leu leur souvienne de l'Arche,
D'un qui voulut y apposer sa main.
Ce n'estoit pas avec mauvais dessein;
Il fut puny, bien qu'il fust Patriarche.