—Qu’en dites-vous, monsieur le Fou? c’est à vous de parler. Regardez cette île, et si, parmi ces rochers qui dominent la mer, il y en a un qui vous convienne, il est à vous.

—Sire, répondit mon ami, des rois comme vous et des royaumes comme le vôtre sont très-rares, et je ne demande pas mieux que de vivre et de mourir chez vous.

—Bien dit, s’écria le roi; d’ailleurs, cher monsieur, ajouta-t-il, vous ne serez pas le seul Fou dans cette île, et vous savez... plus on est de fous, plus...»

Et comme la plaisanterie fut très-goûtée:

«Mes enfants, dit le prince au comble du bonheur, ces messieurs sont des nôtres, traitez-les bien.»

Chacun se mit alors à crier:

«Vive le roi! vive le roi!»

Et, ma foi! nous criâmes comme les autres, et plus fort que les autres:

«Vive le roi!»

Après quoi: