«Quant à vous, ajouta ce grand monarque, en s’adressant plus particulièrement à moi, ce n’est pas tout. J’ai une idée! êtes-vous marié?

—Sire, lui répondis-je, je suis garçon.

—Il est garçon! dit Sa Majesté en se retournant du côté des Dames; garçon!!!

—Lui garçon! s’écrièrent-elles toutes aussitôt; c’est un péché, il faut le marier.

—Vous l’avez dit, s’écria le roi en riant de tout son cœur, et j’étais sûr que vous le diriez!

—Mais, Sire, m’écriai-je, voyant enfin, mais trop tard, où il voulait en venir, mon cœur est...

—Ta, ta, ta, chansons; taisez-vous, me dit-il; votre cœur est bon, et vous ne me refuserez pas d’être mon gendre; je n’ai point de fils, vous m’en servirez, vous me succéderez, et je mourrai content. Qu’on aille bien vite me chercher la princesse!» ajouta-t-il.

Je m’attendais si peu à cette proposition, que je restai muet d’étonnement.

«Qui ne dit mot consent!» s’écria le roi.

Et je n’avais pas encore eu le temps de prendre un parti, que déjà la princesse, à laquelle on avait dit de quoi il s’agissait, était arrivée, toujours courant, de façon que, quand je levai les yeux sur elle, je rencontrai les siens, qui, hélas! ne me parurent point cruels.