«Regardez-la donc, me disait celui qui voulait devenir mon beau-père, et regardez-la bien. N’êtes-vous pas ravi? n’êtes-vous pas trop heureux? ne la trouvez-vous pas jolie?

—Bonté divine! pensai-je, elle jolie! elle qui me ressemble comme deux gouttes d’eau se ressemblent!

—Et si vous saviez quelle bonne fille cela fait, et quelle bonne grosse femme vous aurez là! disait le pauvre père en jetant sur la jeune princesse des regards attendris. Sans compter, ajouta-t-il, que pas une de mes sujettes n’a les pieds plus larges, la taille plus épaisse, les yeux plus petits, le bec plus jaune. Et sa robe, disait-il encore, n’est-elle pas superbe? et ses petits bras ne sont-ils pas aussi courts qu’on peut le désirer? et cette espèce de palatine qui s’arrondit gracieusement sur son dos, en avez-vous vu de plus belle?

—Hélas! dis-je tout bas à mon ami, il y a des siècles que les palatines sont passées de mode!

—Tu auras le meilleur beau-père qu’on puisse voir, me répondit-il.

—Mais ce n’est pas lui qui sera ma femme! lui dis-je.

—Le mariage est le meilleur des maux, reprit-il; si ce n’est déjà fait, oublie ta Mouette.

—Hélas! pensais-je, le souvenir nous tue; mais qui de nous voudrait oublier?»

Pendant ce temps-là: