Ce Merle avait de l’autorité, car peu à peu le ramage cessa, et le sommeil s’étendit comme un voile.

Je regardai à terre. Tout autour de moi une foule de petits êtres que je n’avais jamais vus regagnaient leur demeure, actifs, pressés, fatigués, encore couverts de la poussière du jour. Ceux-ci rampaient, ceux-là marchaient au milieu de la mousse et des herbes, escaladant les feuilles mortes, tournant les mottes de terre; sans doute on les attendait chez eux... Dieu, que je me trouvai seul ce soir-là!...

Fort heureusement, j’aperçus tout près de moi un grand trou sombre entre deux racines; je m’en approchai avec prudence et j’y entrai timidement en longeant les murs. Tout à coup, j’entendis dans l’obscurité un bruit régulier, lent, monotone, qui ressemblait à un ronflement.

«Qui est-ce qui est là?» fit une voix bien timbrée.

Je ne répondis pas, j’étais tremblant.

«Mais qui est-ce qui est donc là?» poursuivit la voix avec un accent de plus en plus irrité.

J’allais me décider à répondre, car je sentais qu’au fond j’étais indiscret, lorsque je ressentis à la paroi abdominale une douleur aiguë qui m’arracha un cri. J’entendis un grand éclat de rire.

Voilà ce que c’est que d’entrer sans se faire annoncer! Qui es-tu?

«Je suis Crapaud, monsieur, mais tout petit, je sors de l’eau.

—Ah! l’horreur! cet animal chez moi!