Adieu, Minette, adieu. Ton messager m’attend et refuse de me dire où je pourrais t’aller trouver. Ne nous verrons-nous pas bientôt?

Ta sœur, pour la vie,

Bébé.

P. S.—Il est très-laid, j’en conviens, ton vieux messager; mais quand j’ai vu ce qu’il m’apportait, je l’ai trouvé charmant et l’ai embrassé, ma foi, de tout mon cœur. Il fallait le voir faire le gros dos quand il m’a remis ta lettre, de la part de madame Rosa-Mika.

A propos, es-tu folle, Minette, de t’être laissé débaptiser de la sorte? Minette, n’était-ce pas un joli nom pour une Chatte jolie et blanche comme toi? Nos voisins ont bien ri de ce nom, que nous n’avons pu trouver dans le calendrier des Chats.—Je finis, je suis au bout de mon papier; je t’écris au clair de la lune, non pas sur du papier glacé et parfumé, Minette, mais sur un vieux patron de bonnet qui ne sert plus à ma maîtresse, qui dort, du reste, dans ce moment sur ses deux oreilles, et d’un sommeil de plomb, comme un pauvre ange qui aurait passé la moitié de la nuit à coudre pour gagner son pain.


(Un Etourneau de nos amis ayant eu la maladresse de renverser notre bouteille à l’encre sur le manuscrit de la réponse de Minette à Bébé, quelques passages de cette lettre, et notamment la première page, sont devenus illisibles. Nous nous serions difficilement décidés à passer outre, si, après un mûr examen, nous n’avions pu nous convaincre que la perte de ces passages n’ôterait rien à la clarté du récit. Nous indiquerons, du reste, par des points ou autrement, les endroits où il y aura lacune.)

MINETTE A BÉBÉ.

TROISIÈME LETTRE.