Dans les grandes mers, la Seine ne met pas plus de deux heures et demie pour monter à sept mètres de hauteur et le plus faible tirant de morte-eau, constaté en 1883, donnait encore une profondeur de cinq mètres quarante-huit centimètres.
Par contre, le reflux exige près de dix heures; la pente du fleuve n'apportant d'ailleurs aucun obstacle dont on ne puisse avoir facilement raison, car elle est à peine, entre Rouen et la mer, de sept centimètres par kilomètre.
ROUEN.—COURS-LA-REINE.
On comprend dès lors l'ardeur des Rouennais pour réclamer toutes les améliorations possibles dans le régime de la Seine maritime, et l'empressement avec lequel la municipalité a poussé aux grands travaux permettant de faire de son port un des meilleurs que pût choisir le commerce international.
Les docks-entrepôts sont immenses; les quais, très beaux, ont un développement de trois mille cinq cent trente-huit mètres, dont dix-neuf cent quarante mètres appartiennent à la rive droite; l'outillage nécessaire aux chargements ou déchargements est très complet. Il va sans dire que les navires long-courriers et caboteurs sont certains de trouver tout ce que leur entretien ou leur armement exige.
La proportion ascendante suit, en conséquence, un cours régulier. En 1883, les navires entrants furent au nombre de 1669, jaugeant 1453 231 tonnes et portant, en charge effective, 1289 667 tonnes de marchandises. Dans la même année, la voie fluviale transportait, de ou pour Rouen, un poids de 663 905 tonnes. Il est facile d'augurer que ce mouvement n'est pas près de prendre fin.
Nous l'avons dit, mais il faut le répéter, Rouen est une ville très agréable à parcourir. Son activité de bon aloi ne se fait pas morose et les exigences de son industrie commencent à marcher de pair avec une hygiène bien entendue.
Les vieux quartiers, jadis traversés à ciel ouvert par les petits cours d'eau tributaires de la Seine, ont été assainis.