Parmi nos contemporains se détachent les figures: d'Armand Carrel, talent vif et hardi comme son esprit;
De Louis Bouilhet, qui eut son heure de célébrité, justement gagnée, surtout par Mœlenis, par Mme de Montarcy, par Hélène Peyron.... Il mourut trop tôt et sans avoir pu, croyons-nous, donner sa véritable mesure;
De Gustave Flaubert; le brillant styliste restera plus longtemps en possession de sa renommée. Malheureusement, ses œuvres, si elles doivent être appréciées des lettrés, ont donné naissance à la plaie morale connue sous le nom de réalisme.
Cette prétendue découverte littéraire semble être encore en pleine vigueur. On lui devra d'avoir vu pénétrer librement dans les familles des livres qu'autrefois on eût à peine fait circuler sous le manteau.
Ce que la littérature y a gagné, l'histoire de notre temps aura peine à le reconnaître; mais, ce que les mœurs y ont perdu, chaque jour, hélas! les critiques les plus indulgents le constatent avec effroi.
Par bonheur, Rouen nous présente d'autres noms sur lesquels il fait bon d'arrêter sa pensée.
Dans les arts, voici Jean Jouvenet (1647-1717) qui triomphe: au Louvre, avec son Paralytique, son Esther, sa Pêche miraculeuse, sa Résurrection de Lazare; à Notre-Dame de Paris, avec son Magnificat.
Jean Restout (1692-1768), son neveu et son élève, donna libre cours à sa vive imagination dans la décoration des palais de Fontainebleau et de Trianon.