Puis surgit un vrai grand peintre, un de ces artistes dont le nom peut sans crainte soutenir la comparaison avec les noms glorieux de n'importe quel pays: André Géricault (1781-1824) pensa et vécut, pour ainsi dire, ce Radeau de la Méduse, où sa main fiévreuse fait toucher aux dernières bornes du sublime le drame horrible qui retient, fascinés, les yeux épouvantés.
La même surabondance de pensée éclate dans son Chasseur à cheval, dans son Cuirassier blessé. Géricault devait mourir jeune, il se hâtait de lutter contre la vie et la lutte fut féconde, puisqu'elle nous a donné ces chefs d'œuvre.
Dans les sciences, plus d'un Rouennais a su se créer une belle place.
Pierre-Louis Dulong (1785-1838), l'admirable physicien, ne crut pas trop payer par la perte d'un œil et d'un bras la découverte du chlorure d'azote. Ses travaux, avec Petit et François Arago, ont à jamais marqué sa place parmi les savants illustres que la France revendique avec orgueil.
Si Reims est la ville natale de Jean-Baptiste de la Salle, Rouen se souvient que le fondateur de l'Institut des Frères de la Doctrine Chrétienne établit chez lui, dans le monastère dit de Saint-Yon, la communauté destinée à fournir gratuitement des éducateurs aux enfants pauvres. Une statue lui a été élevée.
Rouen.—Statue de J.-B. de la Salle.