[46] Ce nom est un souvenir des passages à gué, autrefois pratiqués dans la baie. Deux gués existaient: le grand et le petit. Ils offraient plus d'un danger.

La persévérance eut raison de tous les obstacles. Plusieurs millions y passèrent, mais les portes se trouvèrent, enfin, établies pour le plus grand bien de la navigation du golfe de la Vire.


Nous sommes arrivés à la limite maritime des départements du Calvados et de la Manche, limite formée par la baie qui tire son nom du banc des Grands Veys.

Cette baie présente une assez vaste étendue, allant en réalité de l'embouchure de la Vire à l'embouchure de la Taute. Ces deux rivières sont, en outre, réunies par un canal, d'environ douze kilomètres, portant leurs noms, ce qui facilite beaucoup la navigation et le commerce.

Toute la grève de la baie se trouve recouverte à marée haute, et plusieurs autres petits cours d'eau y serpentent à marée basse.

Le sol reste, comme nous l'avons déjà remarqué, très exposé aux infiltrations produites par de nombreuses sources. Les plages n'y sont pas toujours d'une sécurité absolue; mais nous aurons bientôt à explorer des sables mille fois plus dangereux encore, lorsque nous mettrons le pied sur la terrible côte du Mont Saint-Michel.


Donnons un dernier regard au flot qui moutonne autour des écueils, jetant une frange brillante sur l'azur de la mer, puis entrons dans le département de la Manche.