Une femme de Calais.
Elle est, également, voisine de l'endroit choisi pour le percement du tunnel projeté sous la Manche.
A dix kilomètres de Calais et touchant le cap Blanc-Nez, se trouve Sangatte. Là doit être l'entrée du fameux tunnel sous-marin destiné à supprimer les désagréments de la traversée du Pas-de-Calais. Seulement le tunnel se fera-t-il jamais? On sait l'étrange émotion que l'annonce d'un pareil travail a excitée en Angleterre. Après tout, cela peut être heureux, et sans nous ranger, loin de là, parmi ceux qui déclarent l'entreprise impossible, nous croyons, cependant à des difficultés extrêmes d'entretien.
Rappelons que ce fut un Français, le savant ingénieur Thomé de Gamond, qui soutint sans se lasser jamais, l'idée première du projet de tunnel.
Rappelons, enfin, qu'un autre ingénieur, Charles Boutet, a, dès 1867, croyons-nous préconisé la construction d'un pont sur la Manche.
Il expliquait son plan avec une verve et des démonstrations entraînantes. Grâce à lui, le mot impossible semblait vraiment ne point faire partie de la langue française, mais...
Mais, selon toutes probabilités, les passagers qui redoutent le mal de mer seront, longtemps encore, obligés de se contenter des bateaux sans roulis. Par malheur, ces bateaux ne répondent guère, dit-on aux promesses de leur inventeur.
Voilà donc Sangatte forcé de renoncer, provisoirement au moins, à l'importance qui lui vaudrait l'achèvement du tunnel, importance autrefois obtenue si, comme le veulent plusieurs archéologues, ce bourg fut le Portus Itius des Commentaires de César.
Nous avons déjà vu réclamer ce nom pour Mardyck. Nous allons le voir, encore, donner à Wissant.