LE «DÔME DE DJABALIA», RUINE DES ENVIRONS DE KIRMAN, ANCIEN SANCTUAIRE OU ANCIEN TOMBEAU (page [321]).—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.

À part cette exception, l'automne est délicieux, quoique les Persans en trouvent la température fiévreuse. Cela s'explique, parce qu'ils mangent trop de fruits. En hiver, il y a de fortes gelées, avec des jours qui sont encore d'une clarté admirable. Il y a généralement un jour de pluie vers la fin de novembre, et une légère chute de neige en décembre. En janvier, quand l'année est bonne, on compte trois ou quatre lourdes chutes d'une neige qui ne tarde pas à fondre dans les plaines. Ainsi chante le poète Omar Khaygam: «L'espérance du monde à laquelle les hommes mettent leurs cœurs devient cendre ou se réalise; et de nouveau, comme la neige sur la face poudreuse du désert, brillant une petite heure à peine, elle s'en va».

Mais en même temps, sans les montagnes dans lesquelles «les trésors de la neige sont en réserve pour les temps de trouble», la Perse du sud-est serait, autant que j'en puis juger, inhabitable. Dans le Garmsir, les mois d'hiver sont fort agréables; mais, même en mars, une tente devient horriblement chaude, et l'été est à la fois éprouvant et malsain, quoique, sur beaucoup de points, il y ait des montagnes fraîches, d'un accès facile.

La population de cette grande province compte peut-être 750 000 habitants, qui peuvent se diviser en sédentaires et nomades, ceux-ci très nombreux. Les gens des villes et des villages sont, pour la plupart, des Iraniens. Les hordes des envahisseurs successifs ont mené, presque dans tous les cas, une vie errante, la même à peu près qui nous est décrite dans le Livre de Job.

Le voyageur qui vient d'Europe trouve la stérilité du pays épouvantable, et, chose triste à dire, elle ne fait que croître. À mesure que la population devient plus stable, les provisions de bois s'épuisent, spécialement par la main des charbonniers—il n'y a pas de mines de houille,—et peu de chaînes possèdent quoi que ce soit qui ressemble à une forêt. On ne trouve généralement que des fourrés dispersés; l'un donne la gomme «tragacanthe» qui est appréciée dans le commerce; un autre l'assa fœtida. Les montagnes, m'a-t-on dit, possèdent toutes sortes de plantes alpines.

Voyager dans le sud de la Perse signifie généralement marcher sur un sol dont la réverbération est aveuglante, entre des chaînes de montagnes pierreuses. Le voyageur lassé salue avec enthousiasme la moindre petite source; même un saule rabougri lui semble une chose admirable, dans une si vaste étendue sans arbres.

À KIRMAN: LE JARDIN QUI EST LOUÉ PAR LE CONSULAT, SE TROUVE À UN MILLE AU DELÀ DES REMPARTS (page [320]).—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.