Comme c'est souvent le cas des villes de Perse, Kirman dépend des kanats pour son approvisionnement d'eau. Elle est située dans une dépression, à l'altitude de 1 730 mètres, au pied d'une chaîne calcaire, qui dominait autrefois la ville. Elle est de tous côtés entourée par le désert, qui est absolument nu, tous les buissons ayant été déracinés pour servir aux fours à briques et aux bains; mais, comme elle est à la jonction de plusieurs routes, sa position en fait naturellement un centre de commerce. Le mont Djoupa, qui s'élève à près de 4 000 mètres, à environ 30 milles au sud-est, forme le trait principal du paysage; la chaîne qui forme le bastion oriental du plateau de l'Iran est à peu près de même altitude, mais plus apparente. Au nord, se dresse la chaîne, haute et escarpée, de Kouhpaia; plus loin, à l'ouest, le pic Kouh-i-Chah Timorz. Au sud-ouest, au sud et au sud-est s'étend une large zone de collines sablonneuses, qui rendent la vie désagréable lorsque la brise souffle. Cela, et peut-être la rareté de l'eau, en même temps que la haute altitude, explique la grande salubrité de la ville; mais ce sont autant d'obstacles à son développement, car, avec si peu de terres en culture, le pain à bon marché est presque hors de question. Même l'approvisionnement en fruits de la capitale ne peut venir que de Djoupar et de Mahoun.

Quand on arrive à Kirman en venant de l'est, la ville présente une apparence assez confuse de minarets et de mosquées, entourés de ruines presque de chaque côté; l'harmonie est un peu rétablie par les hautes murailles des glacières, à l'ombre desquelles l'eau est gelée. Mais d'une façon générale, comme dans toute l'Asie, les approches de la ville sont extrêmement sordides.

Les deux forts qui dominent la ville étaient autrefois le centre de la vie. Celui qui est connu sous le nom de Kala-Ardechir couvre la crête et les ramifications d'un rocher, qui se dresse à 150 mètres au-dessus de la plaine. Les murs, construits de briques séchées au soleil, de dimensions colossales, sont encore presque entiers et reposent en partie sur des fondations de pierre. Au-dessous, sur un éperon occidental, se dresse un second réduit, relié autrefois par une poterne dont on retrouve quelques traces, avec l'ouvrage principal. Un chemin qui tourne, en longeant un cours d'eau, monte, du côté du nord-ouest, à la crête, qui possède une triple ligne de défense assez semblable à celle du Kalah-i-Bandar de Chiraz. On y jeta tant de victimes assassinées, que le Vakil-ul-Mulk ordonna qu'il fût comblé.

Entre ce fort et le second, plus petit et connu sous le nom de Kala-i-Dukhtar, ou Fort de la Vierge, s'élevaient les principaux bâtiments, y compris le palais et la mosquée; c'est dans une partie de ce terrain qu'on a trouvé des briques lustrées; les gens du pays, qui viennent prendre la terre des ruines pour en faire de l'engrais, m'en ont souvent offert, et dans le nombre il y en avait de très belles.

Le Kala-i-Dukhtar est beaucoup plus bas que l'autre fort; il borde deux crêtes qui se coupent à angle obtus, et il est si étroit qu'on s'en servait seulement comme d'un chemin couvert. Au contraire, Kala-Ardechir était très bien aménagé.

Sur l'éperon sud de la roche principale, est un rocher détaché. À partir de la moitié de sa hauteur, un escalier de cent quarante-trois marches, qui semble relativement moderne, est taillé dans le roc. Il domine l'ancienne ville, dont la muraille partait d'un point situé immédiatement au-dessous. Plus au sud est le quartier désert de Farmitan, avec ses nombreuses maisons en pisé, presque intactes.

DANS LA PARTIE OUEST DE KIRMAN SE TROUVE LE BAGH-I-ZIRISF, TERRAIN DE PLAISANCE OCCUPÉ PAR DES JARDINS.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.

À l'angle sud de la chaîne s'ouvre une dépression, avec une plate-forme terminant le rocher, et surmontée d'une tombe en l'honneur de Reza Kouli Beg. Au-dessous sont les restes d'un réservoir, que remplissaient autrefois les eaux du Bahramjird.