LES ENVIRONS DE KIRMAN COMPTENT QUELQUES MAISONS DE THÉ (page [318]).—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.

La secte des Cheikhis a, quoiqu'on ait soutenu le contraire, des vues identiques à celle des Babis. Elle a été fondée par Cheikh-Ahmad, d'Ahsa ou Lahsa, dans les îles Bahreïn, qui naquit aux environs de 1750. La secte compte environ 7 000 adeptes dans la province de Kirman et 50 000 en Perse. Son chef actuel est Hadji-Mohammed-Khan, un homme d'apparences distinguées, de manières charmantes, possédant une connaissance du monde extérieur qui rend sa société très agréable, et entièrement dégagé de tout fanatisme.

Les Juifs de Kirman sont dans une condition misérable; ce sont de petits commerçants, d'une rapacité absurde, assimilant l'extorsion au profit. C'est un rameau d'une colonie plus nombreuse, établie à Yezd, et qui doit être venue de Bagdad.

Les Zoroastriens, intéressants par la survivance d'un très ancien culte, le sont aussi par la pureté de leur sang. Ce sont des Iraniens authentiques, sans ce mélange de sang arabe, mongol et turc, que des invasions successives ont apporté en Perse. Ils forment une race plus belle et plus saine que leurs coreligionnaires musulmans; leurs coreligionnaires de Bombay offrent un exemple de la détérioration physique que produit sûrement le climat de l'Inde.

Au point de vue industriel, Kirman était, jusqu'à une date toute récente, spécialement célèbre pour ses châles, mais actuellement elle l'emporte par les tapis. Ces produits sans rivaux de ses métiers sont tissés en soie et laine, et leur finesse, leurs couleurs brillantes, en font incontestablement les plus remarquables que le monde ait vus; tout autre paraît commun à côté d'eux. Les modèles sont très anciens, et évidemment antérieurs au mahométisme; des figures humaines y sont fréquemment représentées, mais ce sont surtout les fleurs stylisées qui en constituent le dessin; et le mélange de leurs couleurs est admirable.

UNE «TOUR DE LA MORT» OU LES ZOROASTRIENS EXPOSENT LES CADAVRES.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.