Le cratère, d'où s'échappaient d'aveuglantes colonnes de fumée sulfureuse, a deux ouvertures, chacune d'environ 3 mètres de circonférence, et séparées à la surface par une distance de 1 mètre. On ne voyait aucune coulée de lave récente, et l'on ne mentionne aucune éruption. La vue qu'on avait du sommet était la plus belle que j'aie jamais eue en Perse: tous les pics étaient clairement visibles, dans un rayon de 100 milles.

Le volcan est connu, localement, sous le nom de Kou-i-Chehel-Tan, ou «Montagne des Quarante Êtres», qui visitèrent, dit-on, le volcan, et disparurent depuis lors: Taftan, ou Daftan, signifie «bouillant». La même légende se raconte à Quetta, et elle est commune dans cette partie de l'Asie. Pour autant que j'ai pu le savoir, les habitants de la vallée ont adoré le volcan depuis les temps les plus reculés, et il est probable qu'ils n'ont pensé que plus tard aux Quarante Êtres en l'honneur desquels ils font maintenant des sacrifices. D'après mes guides, ces gens s'appellent musulmans, mais ils ne savent rien des croyances de leur religion.

Nous quittâmes notre camp le jour de l'an, et nous nous rendîmes au village de Bazman, où nos bagages devaient nous rejoindre. La marche fut pénible; notre guide nous avait abandonnés, et nous étions, nous et nos bêtes, au bout de nos provisions.

Notre voyage nous avait montré que le Sarhad est aujourd'hui à peu près inhabité, mais que l'eau y est abondante, et qu'un meilleur gouvernement, ramenant la sécurité, en ferait sans peine un pays prospère.

(À suivre.) Adapté de l'anglais par H. Jacottet.

BUREAU DU TÉLÉGRAPHE SUR LA CÔTE DU MAKRAN.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.

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TOME XI, NOUVELLE SÉRIE.—29e LIV. No 29.—22 Juillet 1905.