UNE SÉANCE D'ARPENTAGE DANS LE SEISTAN.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
Évidemment, la marche d'Alexandre à travers ces pays, avec une grande armée, tend à prouver que l'Asie n'était pas, à cette époque, aussi aride qu'aujourd'hui. J'ai vu dans le Seistan des nalas desséchées, dont les bords s'élèvent à plus de 60 mètres.
M. de Khamkoff a été particulièrement frappé du fait que la rivière de Birjand, ou plutôt son lit desséché, est tracée en travers du Lout, ce qui prouve que la chute des pluies était alors beaucoup plus considérable. Actuellement, il n'atteint même pas le désert en temps de crue.
Le Seistan d'aujourd'hui a de l'eau de trois côtés: le Helmand forme sa frontière orientale, tandis qu'au nord et à l'ouest s'étend le hamoun, la lagune dont je parlerai tout à l'heure. Au sud-est du Seistan habité, se trouve le Gand-i-Zirra ou «Trou de Zirra», dans lequel les eaux de la lagune sont portées par le Chelag, un cours d'eau de 350 mètres de largeur, avec des rives hautes de 15 mètres, là où je le traversai. Le grand bassin lui-même a au moins 160 kilomètres de longueur et 50 de largeur; il devait recevoir toute l'eau qu'on trouve actuellement dans le lac, ou du moins tout l'excédent de ses anciennes crues; sans cela, il serait impossible d'expliquer sa vaste étendue. Quand le lac a beaucoup d'eau, le Chelag forme un fleuve salé, qui coule parallèlement au Helmand, dont le séparent des dunes de sable, mais dans une direction opposée. En général, il n'y a guère plus qu'un marais dans la dépression la plus basse et même, au printemps, les eaux ne couvrent pas le dixième de sa superficie. D'après Istakhri, le Helmand ou Hilmend s'écoulait dans le lac Zirra.
Avant l'arrivée de Tamerlan, le Helmand était barré par le Band-i-Aok ou Akoa. De ce barrage, partait le Roud-Hauzdar, un canal large et profond, destiné à irriguer le district au sud du Seistan encore habité aujourd'hui, et où l'on ne trouve plus que les débris de grandes villes. La plus importante était Hauzdar, l'endroit où, d'après la légende, le fils de Rustem, Faramurz, fut empalé par Bahram.
LES COMMISSAIRES PERSANS DE LA DÉLIMITATION DES FRONTIÈRES PERSO-BALOUTCHES.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.