Les oiseaux sont pris au moyen de filets, qu'on amarre à des pieux, et dans lesquels ils sont conduits par des avenues pratiquées dans les roseaux; parfois aussi ces filets sont étendus sur des pieux plantés dans l'eau libre.

Nous fîmes une excursion de chasse à bord d'un toutin. On nous mena dans une série de lagunes qui s'ouvrent les unes sur les autres. Nous tuâmes quelques canards et nous rencontrâmes un pécheur, qui s'en revenait avec plus de vingt poissons, récemment péchés. Quelques-uns pesaient de 3 à 4 livres et ressemblaient à des barbeaux.

Dans la soirée, nous vîmes des radeaux, poussés par de tout petits garçons, n'ayant pas 3 pieds de haut, et rapportant à la maison les roseaux nécessaires à la construction d'un autre bateau. L'oiseleur qui nous guidait se trouvait être très communicatif. Il me raconta, entre autres faits, que des passagers se rendaient à l'occasion par cette route à Lach Djouvaïn, en territoire afghan, et que la traversée du hamoun exigeait vingt-quatre heures.

À Gazbar, notre prochaine étape, le lac était tout à fait libre de roseaux, et sur les bancs de boue, on voyait de grands vols d'oies sauvages, sur lesquelles nous tirions avec nos carabines, d'une distance de 400 mètres. Chaque volée en abattait trois ou quatre.

Ayant appris que le canal appelé Roud-Perian grossissait, je me décidai à le traverser sans plus tarder; sans cela, j'aurais dû m'abstenir de visiter le district qui s'étend entre ce canal et le vieil Helmand, et qui est connu sous le nom de Mian-Kangi.

Nous traversâmes Djalalabad, jadis propriété de la tribu des Keians, mais aujourd'hui localité sans importance. Le nouveau cours de la rivière a épargné le village, mais détruit toute la zone cultivée. Nous visitâmes les ruines qui bordent le Roud-Nasrou. On trouve là des débris de maisons construites en briques cuites, qui appartiennent toutes à un type d'architecture plus élevé que les dômes de pisé ordinaires aujourd'hui. Il est indubitable que Timour et Chah-Rouk portèrent un coup durable à la civilisation persane, un coup qui a changé le cours de l'histoire.

Une pluie abondante, qui nous avait menacés deux ou trois jours, nous atteignit au moment où nous étions sur un sol argileux, à peu près imperméable, et transforma notre camp en lac. Pendant tout un jour, les chameaux furent empêchés d'avancer. Nous traversâmes quelques canaux peu profonds, puis le cours d'eau principal, qui a environ 400 mètres de largeur et 120 centimètres de profondeur.

Nous abordâmes dans un marais de tamaris. Mais nous découvrîmes bientôt que ce n'était qu'une île, au delà de laquelle coulait une autre branche de la rivière; elle n'avait qu'une soixantaine de mètres de largeur, mais elle était presque aussi profonde que la rivière principale.