L'OUED HADEDJ, D'ASPECT SI CHARMANT, EST UN BOURBIER QUI SUE LA FIÈVRE.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
Je ne sais comment les chameaux s'en tireront pour amener jusqu'ici leurs chargements, mais c'est dans ce coin d'Eden qu'on dressera les tentes.
Toute médaille a son revers: ces eaux si limpides, d'une transparence azurée, sont abominablement sulfureuses, et, chauffées à ébullition, dégagent une immonde odeur d'œuf pourri. Je ne puis avaler la soupe, à l'eau d'Enghien, que m'a pourtant si soigneusement confectionnée Nefti, et la poule qui a mijoté dans le bouillon, semble sortir d'un bain de Barèges. Je suis réduit à dîner de sardines et de confitures, et je m'endors au chant des grenouilles.
Aussi, dès le grand matin, nous plions bagage, et le soleil, à son lever, nous aperçoit en train de festonner à travers les rochers de l'oued, pour gagner Bir Saad, où je veux coucher ce soir.
LE CIRQUE DU BOU HEDMA.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
Ce pays est fait de contrastes: des régions les plus désolées, on passe subitement, sans transition, dans des zones très riches; des déserts du Sinaï, à la terre de Chanaan. La plaine des Oulad Bon Saad est couverte, à l'infini, de blés et d'orges mûrs, il n'y a plus de sentiers, plus de pistes, et la circulation y est aussi difficile,—d'une autre façon—que dans la «hamada» que je quitte.