CHUTE DU MALA-MALA, AFFLUENT DU COMOÉ, À MALAMALASSO. D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
La Mission pouvait, d'un jour à l'autre, se terminer à coups de fusil. Le plus sage était de redescendre au plus vite à Grand-Bassam, puisque rien ne nous retenait plus dans l'Attié.
Rapidement, et sans arrêt, nous repassions par les mêmes villages, les mêmes sentiers qu'à l'aller, ayant cependant, quelquefois, une certaine difficulté à reconnaître la route déjà suivie. Les pluies quotidiennes avaient fait, du pays, un vaste marécage, et les ruisseaux, desséchés, s'étaient transformés en rivières, qu'il fallait traverser, ayant souvent de l'eau par-dessus les épaules.
Chaque jour, en pleine marche, c'est une nouvelle tornade. Brusquement, il fait noir à n'y plus voir à deux pas, et le vent se lève pour devenir d'une violence inouïe, jusqu'au moment où la pluie commence. Autour de nous tombent, de tous côtés, des branches pourries, des débris de lianes; on peut se faire écraser à tout instant. Aussi, les promenades de ce genre ne sont pas du goût de nos porteurs.
La pluie fait rage; les ruisseaux deviennent des fleuves. On en a jusqu'au ventre, plus loin jusqu'aux aisselles; au dernier, il faut nager.
On en rit de bon cœur. D'ailleurs, rien à y faire; nous devons arriver au campement pour déjeuner, et, par conséquent, faire bonne figure. Et puis, comment ne pas rire en voyant les culbutes des amis? Sur la tête, afin de ne pas trop les salir dans l'eau boueuse, on porte avec précaution ses habits: veston, chemise. Les chaussettes et souliers sont conservés pour ne pas se blesser dans l'eau, et le chapeau, pour éviter les coups de soleil. Brusquement, le pied glisse, et tout va à la rivière.
LA VALLÉE DU COMOÉ À MALAMALASSO.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.