Ce dernier, pendant le séjour de la Mission à Mopé, avait complètement exploré le Morénou, établi d'excellentes relations avec les chefs du pays, et, sans être inquiété, reconnu certains points du cours supérieur du Comoé.
De ces différents rapports résultait la possibilité de l'établissement de la voie ferrée à des prix peu élevés, tout d'abord jusqu'à Mopé, puis avec prolongement vers le Baoulé jusqu'au N'zi et embranchement dans le Morénou avec prolongement éventuel sur Kouq.
Une autre solution par Grand-Alépé et Abidjean permettait l'accès du chemin de fer jusqu'à la lagune, ou plutôt au port de Petit-Bassam. Le capitaine Crosson-Duplessis avait, en effet, su étudier la possibilité de la création d'un port dans la baie d'Abidjean et obtenu des résultats précis et satisfaisants. Le trou sans fond, qui est connu depuis longtemps pour exister devant le rivage de Petit-Bassam, où la barre ne se produit pas, semble avoir une prolongation dans la lagune, derrière l'île Boulay. Grâce aux fonds reconnus de 10 à 16 mètres, le port naturel, existant déjà sur 800 mètres de largeur et 4 kilomètres de longueur, serait rendu accessible aux navires venant du large, après le percement de la langue de sable de 800 mètres qui sépare la mer de la lagune et sur laquelle est bâti Petit-Bassam. Après l'établissement des quais nécessaires, la ville pourrait être construite sur les hauteurs de 30 à 40 mètres, qui entourent et dominent le fond de la baie d'Abidjean.
À ces diverses études, faisaient suite les rapports du capitaine Crosson-Duplessis sur l'ethnographie des pays parcourus, du capitaine Thomasset sur la géologie, et du lieutenant Macaire sur la création d'une usine électrique de 700 à 2 000 chevaux à Malamalasso, en se servant des chutes du Mala-Mala d'abord, puis même du Comoé.
LA FORÊT TROPICALE À LA CÔTE D'IVOIRE.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
Le lieutenant Macaire avait également étudié la richesse forestière du pays attié, au point de vue de la valeur des bois pour le commerce et l'industrie; il en rapportait divers échantillons pour les faire essayer en France.
Quant à moi, j'avais joint à mon rapport médical, sur l'état sanitaire du détachement, quelques notes sur la climatologie, la flore et la faune du pays[3].
Au point de vue médical, mon service avait été peu chargé pendant la Mission; je n'avais eu à m'occuper que de quelques cas légers de fièvre paludéenne, de dysenterie. Ma principale occupation journalière consistait dans les pansements de nombreuses plaies ulcérées de nos porteurs et de nos tirailleurs.