Les Attiés savent filer, tisser le coton, qu'ils recueillent sur les cotonniers de petite taille cultivés près de leurs villages ou dans leurs plantations. Ils en obtiennent des pièces d'étoffe, larges de 30 centimètres environ, auxquelles ils donnent une teinte bleue, en se servant d'une décoction de plants d'indigo qui existent, mais en petite quantité, dans certains villages. Ce sont ces étoffes dont ils font leurs ceintures.
Dans la forêt, les arbres sont d'essences nombreuses et variées; on y trouve l'acajou et beaucoup d'autres arbres à bois dur; les baobabs y sont fréquents. Les lianes à caoutchouc (landolphia) s'y rencontrent en assez grand nombre, mais elles ne sont pas exploitées par les indigènes. Le caoutchouc, qui, en petite quantité, provient de l'Attié, serait retiré des nombreuses espèces de ficus qui se trouvent dans le pays; il est de bonne qualité et ne contient que peu d'impuretés. À la Côte, il se présente sous l'aspect de boules, facilement différenciées des pains énormes qui descendent de l'Undénié et des galettes produites sur les bords des lagunes. Les fromayers et les caïlcédra, nombreux dans la forêt, surtout sur les bords des fleuves et des lagunes, sont d'une grande utilité aux indigènes; c'est, en effet, dans les troncs de ces arbres qu'ils creusent leurs pirogues.
Comme on le voit, le pays attié est d'une richesse surprenante en variétés d'arbres et de plantes et en valeur d'essences ou de produits commerciaux. Par contre, on est étonné d'y rencontrer aussi peu d'animaux.
Dans les villages, ce sont des bœufs rares et de petite taille, des chèvres, des poulets, etc. Dans la forêt, de nombreux papillons, aux couleurs éclatantes, et des reptiles, des insectes encore plus nombreux.
On croirait la brousse inhabitée si quelques oiseaux ne venaient, par leurs cris, annoncer leur présence au sommet des arbres les plus élevés, surtout le long des fleuves; des aigles pêcheurs, au blanc plumage, des toucans au long bec, des vautours, des martins-pêcheurs, etc. Près des plantations, ce sont des pigeons, des tourterelles, des perroquets verts et gris, etc.
Et cependant les panthères, léopards, chats-tigres, belettes, civettes, existent dans la forêt; les indigènes les connaissent, portent les dents de ces carnassiers en colliers autour du cou et m'en ont montré des traces. Il en est de même pour l'éléphant: une seule fois, j'ai suivi le passage d'une troupe de ces animaux qui ne doivent pas être nombreux, je crois, dans l'Attié. Les défenses que possèdent les indigènes sont rares et petites. Il est vrai que cette rareté de l'ivoire dans le pays pourrait tout aussi bien provenir du petit nombre d'éléphants que du danger de cette chasse pour des noirs mal armés, et craignant d'affronter des animaux aussi redoutables. D'après les indigènes, l'hippopotame existerait en certains points inaccessibles du Comoé et du N'zi; nous n'en avons jamais vu.
LES LIANES SUR LA RIVE DU COMOÉ.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
Il est digne de remarque que, pendant notre séjour en pleine forêt, nous n'ayons rencontré aucun de ces animaux, ni sanglier, ni biche, ni antilope dont j'ai cependant relevé plusieurs fois les traces.