Si les oiseaux paraissent rares et se perchent, hors du regard, sur la cime des arbres, des singes d'espèces nombreuses et variées emplissent la forêt de leurs ébats. J'ai pu reconnaître sept espèces différentes déjà signalées par Binger sous les noms agnis: kouamé (le cynocéphale), tié, adéré, foé, assibé, koumo, fah lié. Les Attiés, qui les prennent au piège, en font leur nourriture sans se soucier de la valeur de certaines de leurs fourrures, qui seraient estimées pour les foé, tié, pah-lié. Aussi nombreux que les singes, courent, de tous côtés, le long des lianes et des broussailles, des rats palmistes, des écureuils, etc. Un bruissement continuel semble animer ces immenses solitudes....
Car la forêt paraît être surtout le domaine des reptiles et des insectes; ils y pullulent: lézards, iguanes, caméléons et serpents. Les caïmans, très peu nombreux, de petite taille, sont fétiches dans tout l'Attié, et il est défendu de les tuer. Il est à craindre que, de cette façon, leur nombre n'augmente rapidement.
LES OCCUPATIONS LES PLUS FRÉQUENTES AU VILLAGE: DISCUSSIONS ET FARNIENTE ATTIÉ.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
Pour une autre raison, la crainte, les serpents venimeux, eux aussi, ne sont pas détruits. Les Attiés ont la terreur de ces reptiles poussée au plus haut degré; la vue d'un serpent, même mort, les met en fuite.
La vipère cornue, de la famille des Cérastes, très commune, est d'autant plus dangereuse que sa couleur grise lui permet de passer plus facilement inaperçue. Sa longueur est de 2 mètres. Elle est surtout reconnaissable à sa tête triangulaire, présentant, au centre, une tache noirâtre de même forme, et six petites cornes placées sur deux rangées, en avant des yeux. Les crochets venimeux sont au nombre de deux, mobiles, et généralement très allongés.
Une seule fois, j'ai observé un autre serpent venimeux, un crotale, de couleur verte, au corps plus fin que le précédent, mais de même taille. Les crochets étaient fixés à la mâchoire supérieure.
Plus grand, plus robuste, mais beaucoup moins dangereux, était l'énorme boa qu'à notre retour à Memni nous présentèrent les indigènes. Il avait 8 mètres de longueur et il fallait deux hommes pour le porter. On peut juger du nombre de «foutous» et de sauces diverses qu'il servit à préparer.