FAMILLE HOLLANDAISE EN VOYAGE.

AH! LES MOULINS; LEUR NOMBRE DÉROUTE L'ESPRIT (page [424]).

Je tirai mon Lexique. (Sensation.)

—Lief boerin.... Jolies jeunes filles.

Elles se trémoussèrent. La mère les fit mettre en rang, les compta de l'index, et se frappa le sein.

—C'est moi qui leur ai donné la vie.

—Mes compliments... Ravissantes... J'ai faim!

Elles se précipitèrent. L'une apporta du lait, l'autre du rosbif, une autre du pain, une dernière du fromage. La cinquième, fort jolie, telle Marthe, resta quiète, m'aidant à me retrouver dans le labyrinthe de mes phrases obscurément néerlandaises.

Comme un pacha, je m'attablai, servi par ces houris charmantes, dont la fraîcheur sereine me reposait. Je dévorais des dents les victuailles, et des yeux leurs joues. En vérité, je ne fus jamais l'objet d'attentions pareilles, même chez mes pays, où pourtant les jeunes filles sont aimables.

Quand je fus rassasié, j'allumai une cigarette, et j'entrepris de tirer la bonne aventure à ces jeunesses. Ce fut réjouissant. Penchées sur moi, elles me grisaient, et se grisaient peut-être, d'un fin arôme de linge blanc, de teint frais; tandis que, le sourcil en équerre, telle la sybille de Cumes, je considérais d'un œil profond les lignes de leurs paumes.