Pour se chauffer, il ne fallait point songer à s'approvisionner ainsi; la ruine s'en serait suivie. On utilisa la tourbe.

La tourbe est une sorte de terre molle, noirâtre, que l'on trouve sous des couches d'argile ou de sable, soit en creusant des canaux, soit en construisant des logis. En certains endroits, elle se révèle par la nature inconsistante du sol. La terre élastique, comme gonflée d'eau, cède sous le pied, puis se relève aussitôt. Les habitants disent alors: «Voilà une terre qui sent».

VÊTU D'UN PANTALON DÉMESURÉ, LE PÊCHEUR DE VOLENDAM A UNE ALLURE PERSONNELLE (page [434]).

L'extraction de la tourbe est un art connu depuis les temps les plus reculés. Pline et Tacite en parlent, l'un en soupirant de voir un peuple réduit à brûler sa propre terre, l'autre avec admiration pour cette sagacité.

La tourbe fournit du travail à des milliers d'individus. C'est un combustible assez maigre, il faut l'avouer, triste et encombrant; il blanchit plutôt qu'il ne flambe, en produisant une épaisse fumée.

On la trouve un peu partout en Hollande. Il suffit de creuser un peu pour la découvrir.

Quand le propriétaire d'une lande a résolu de convertir son champ en un atelier d'exploitation, il fait creuser des tranchées parallèles, afin de délivrer la terre de l'eau dont elle est imprégnée. Ces tranchées, d'abord superficielles, deviennent de plus en plus profondes, jusqu'à l'épuisement.

Il faut de six à huit ans pour obtenir l'épuisement et diriger ces eaux, au moyen de fossés et d'écluses, vers le canal prochain.