De Campina, où nous faisons arrêt, nous nous rendons en voiture à Doftana pour visiter les puits et les raffineries. Aux approches du village, de larges conduites, longeant la route et suintant un liquide gras et boueux, annoncent le voisinage de la région industrielle. Il nous faut mettre pied à terre devant la Doftana, dont les eaux sont si basses qu'elles forment une série d'îlots rocailleux entre lesquels se précipitent des courants impétueux. Un pont en bois traverse la rivière. Pour y aboutir, il faut marcher pendant cinq minutes sur la crête étroite d'un mur qui longe la rivière, et qui retient ses eaux aux époques des crues. Mais notre équipage, qui ne peut naturellement suivre cette route d'acrobate, doit descendre dans la rivière, chercher les endroits guéables, et, par de nombreux circuits, gagner la rive opposée. Nous voici dans la région des exploitations. À droite et à gauche, un peu partout autour de nous, d'énormes pylônes en charpente nous indiquent les puits en activité. Tout le sol est imprégné de pétrole, l'air est saturé de ses émanations, et les arbres tout alentour sont sans feuillage. Comme au Caucase et en Amérique, le forage des puits se fait au moyen du derrick. Mais on ne rencontre que rarement, en Roumanie, ces sources où, sous la pression des gaz emmagasinés, la soude fait jaillir violemment le liquide au-dessus du sol. Généralement on a affaire à des nappes souterraines non jaillissantes, ou à des couches d'argile ou de schiste qui retiennent le pétrole à la façon d'une éponge. Dans ce dernier cas, on fore le sol en plusieurs endroits, et le pétrole va se réunir, par exsudation, au fond d'un puits creusé au moyen d'une pompe à succion.

LES VILLAS DE SINAÏA (page [404]).—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.

Mais que l'on se trouve en présence d'une nappe souterraine, ou que le pétrole se dépose par suintement au fond d'un puits artificiel, la manière de l'amener au jour est la même. On descend dans les trous de sonde, garnis au préalable de tuyaux en fonte comme les puits artésiens, un cylindre de 4 à 5 mètres de longueur sur 15 à 20 centimètres de diamètre, et muni d'un clapet à son extrémité inférieure. Ce cylindre est suspendu à une longue chaîne qui, s'enroulant autour d'une poulie, au sommet du pylône, redescend et va se fixer à un balancier à contrepoids. Un ouvrier, à l'aide du balancier, fait agir tout le mécanisme, descend le cylindre dans le puits, et le remonte ensuite à la surface. Alors un second ouvrier ouvre la soupape, et le liquide se déverse dans des conduites de bois qui le mènent dans des réservoirs larges et peu profonds.

Le pétrole, à la sortie du puits, est un liquide épais, trouble et onctueux, de couleur brun-rouge avec des reflets verdâtres.

Des réservoirs, où on le déverse à sa sortie du sol, on le conduit, à l'aide de pipelines, aux usines de raffinage qui se trouvent dans la vallée. La pente du sol ne suffirait pas pour faire voyager le liquide chargé de matières étrangères, et on doit le refouler au moyen de pompes spéciales, parfois très puissantes.

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