Voilà pour la table. Quant à l'abri, si vous n'avez déjà pris vos précautions à Lahore, vous aurez tôt fait d'acheter ou de louer dans une des agences de Srînagar les tentes et le mobilier de camp nécessaires. Vous ferez dresser votre maison de toile,—bien plus confortable que vous ne pouvez croire, si vous n'en avez jamais essayé,—sur la rive et dans les environs de la Résidence, sous les ombrages de l'un des bâghs, que se sont appropriés les Européens. Il y a le Mounchi-Bâgh, qui est un verger au bord du Djhilam, réservé aux gens mariés et aux dames seules; il y a le Tchinar-Bâgh qui est un magnifique bois de platanes sur le déversoir du lac, à l'usage des célibataires hommes; et ainsi l'ivraie est séparée du bon grain. Surtout, vous vous assurerez la disposition d'une de ces barques indigènes que l'on appelle des doungas: elle vous servira de logis en même temps que de véhicule, au cours de vos premiers déplacements. Ni la roulotte du bohémien, ni même «la maison du berger», dont parle le poète, ne vous mènerait bien loin au Kachmir; pendant ces derniers jours du printemps, où les eaux sont encore hautes, le bateau vous conduira, au contraire, éveillé ou dormant, par la rivière et les lacs, à tous les coins les plus intéressants de la vallée. Pour vous qui descendez de voiture, moulu de cahots, ahuri de trompette et suffoqué de poussière, vous verrez que vous ne perdrez pas au change en troquant votre tonga contre une dounga.
(À suivre.) Mme F. Michel.
NOS TENTES À LAHORE.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
Droits de traduction et de reproduction réservés.
TOME XI, NOUVELLE SÉRIE.—2e LIV. No 2.—14 Janvier 1905.
«DOUNGA» OU BATEAU DE PASSAGERS AU KACHMIR.—PHOTOGRAPHIE BOURNE ET SHEPHERD, À CALCUTTA.