DES KIRGHIZES D'OUSTCHIAR ÉTAIENT VENUS À NOTRE RENCONTRE (page [489]).—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.

VOYAGE DU PRINCE SCIPION BORGHÈSE AUX MONTS CÉLESTES[2]
Par M. JULES BROCHEREL.

III. — Sur le col de Tuz. — Rencontre d'antilopes. — La vallée d'Inghiltchik. — Le «tchiou mouz». — Un chef kirghize. — Les gorges d'Attiaïlo. — L'aoul d'Oustchiar. — Arrêtés par les rochers.

KIRGHIZE JOUEUR DE FLÛTE.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.

Le passage du col de Tuz est une étape importante dans l'excursion aux Monts Célestes; le vallon qui le précède ne s'aperçoit pas depuis le thalweg du Saridjass-sou; il reste masqué par une moraine s'avançant comme une sorte de digue entre les deux fleuves, qui, avant de se réunir, roulent longtemps presque parallèlement l'un à l'autre.

Le 22, en quittant notre camp, nous sommes assaillis par des nuées de moustiques qui s'abattent sur nous avec une voracité cruelle. Nous avons beau couper l'air de nos cravaches pour éloigner ces agaçants insectes, notre épiderme devient leur proie et nous en souffrons beaucoup.

Vers dix heures, nous rencontrons un groupe de trois arkars, espèce d'antilope du genre du chamois, qui paissaient tranquillement sur une pente gazonnée. Ils ne semblent guère surpris de notre présence, et au lieu de détaler à notre approche ils continuent à tondre les bouquets d'herbes, en s'arrêtant de temps à autre pour nous regarder. De la taille d'un petit chamois, ils sont très frêles, avec un pelage ras, d'un blond d'ocre, qui se confond facilement avec la teinte du terrain. Ils portent une paire de petites cornes droites, légèrement divergentes. C'est l'antilope argalis, commune dans la chaîne du Tien Chan.