KIRGHIZE DRESSANT UN AIGLE.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
Dans la matinée du jour suivant, nous nous mêlons aux Kirghizes, visitant leurs tentes, nous intéressant à leurs travaux (l'un d'eux dressait un aigle), observant les femmes dans leurs occupations, et leur offrant des bijoux en aluminium. Très touchées, elles nous sourient gracieusement, et, si elles le pouvaient, elles entameraient bien une causette avec nous. Elles ne semblent plus effarouchées; au contraire.
À trois heures de l'après-midi, le prince, Zurbriggen et moi, accompagnés d'un cavalier kirghize, nous partons pour une excursion. C'est vers l'élégante aiguille d'Oustchiar que nous dirigeons nos pas. À la tombée de la nuit, nous bivouaquons à 3 850 mètres, à la base de la pyramide terminale.
Zurbriggen nous assure en partant que nous déjeunerons au camp. Seulement, il ne prévoit pas la cheminée de glaces, qui nous attend, et où, à la merci des avalanches de pierres, nous restons quatre heures pour gagner quelques centaines de mètres. Glace découverte, verglas sur les rochers, attaches s'enlevant au moindre effort, c'était plus qu'il ne fallait pour nous décourager.
Mais avec de la patience et de la prudence on arrive à bout de tout: nous atteignons l'arête sud; suivant son tranchant puis le dos d'un névé, à une heure de l'après-midi nous posons le pied sur l'extrême calotte de l'aiguille d'Oustchiar. On procède immédiatement à son baptême; après quoi, nous donnons satisfaction à nos estomacs.
ITINÉRAIRE DU VOYAGE AUX MONTS CÉLESTES.