LE PIC DU KARA-TACH, VU D'IRTACH, PREND VAGUEMENT L'ASPECT D'UNE PYRAMIDE.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.

On ne saurait redire la joie que nous éprouvons en revoyant des êtres humains qui ne sont plus des Kirghizes, et des habitations autres que des yourtes. On se croit presque dans une grande ville.

Les chevelures d'étoupe et les costumes écarlates des Kozaques ne nous choquent plus; et la face joufflue et rubiconde des femmes russes paraît s'être idéalisée pendant notre absence. Nous arrivons jusqu'à les trouver belles.

Nous nous rattrapons de notre longue abstinence, en faisant bombance pendant tout le restant de la journée. Nous nous bourrons de pivo et de grosses pommes dorées. Le soir, nous faisons un dîner plantureux: des œufs, un poulet, des pommes de terre, du riz et du dessert.

LES CARAVANIERS PASSENT LEUR VIE DANS LES MONTS CÉLESTES, EMMENANT LEUR FAMILLE AVEC LEURS MARCHANDISES (page [506]).—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.

Slifkina ou Kizil-sou, comme l'appellent les Kirghizes, se trouve à trente verstes au couchant de Prjevalsk. Ce n'est plus sur les glaciers, au bord des précipices, ou entre des pierres, que nous caracolons, mais sur une belle route toute blanche, qui se déploie comme une écharpe à travers un tapis de verdure. Nous ne sommes plus désormais inquiétés par la traversée des fleuves: les rivières que nous rencontrons, nous les passons sur des ponts solides, où gaîment retentissent les sabots des chevaux.