LE CHAOS DES PICS DANS LE KARA-TAO.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
La tente kirghize se compose d'un treillis en bois flexible, fixé au sol par des piquets et entre-croisé au moyen de lanières en peaux. Cette charpente s'élève sur une hauteur de 2 à 3 mètres sur autant de largeur. Le plafond est soutenu par des tringles en bois, convergeant en rayons au milieu du dôme, où est pratiquée une ouverture circulaire, qui sert en même temps de cheminée et de fenêtre. Au-dessus de cette frêle carcasse, on adapte de grands feutres tenus adhérents par un système de cordes. Le tout se dresse et se démonte en quelques minutes. L'ensemble forme la charge de deux chameaux. L'intérieur est fort simple, même chez les riches. Les piles de feutres servant de matelas pendant la nuit, des coffres en bois, des outres, des harnais et d'autres objets de moindre importance, traînent un peu partout, accrochés aux parois, ou jonchant le sol. Au milieu de la yourte, posée sur trois pierres verticales ou sur un piédestal en fer, trône une énorme marmite—le kazan—qui constitue l'unique récipient que les nomades emploient pour popoter leur cuisine. Le matériel dont les Kirghizes disposent pour leurs différentes occupations journalières, n'est pas très compliqué. En dehors du kazan, ils possèdent une sorte d'aiguière en cuivre ciselé, et deux ou trois bols en bois; comme fourchette, ils se servent de leurs doigts. Pour les manipulations du lait, ils n'ont que des seaux en peau brute pour le traire et des outres pour le conserver.
ÉTALON KIRGHIZE DE LA VALLÉE D'IRTACH, ET SON CAVALIER.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
Les Kirghizes ne connaissent pas l'emploi des allumettes: chacun d'eux est armé d'une petite sacoche en cuir contenant une pierre, un fragment de fer et de l'amadou. Cette pochette et un petit couteau à lame fixe ne les quittent jamais; il les tiennent en permanence attachés à leur ceinture. Le couteau s'emploie aux usages les plus divers: à abattre les animaux, à racler les peaux, à se raser la tête, à tailler le bois, etc.; c'est, en somme, l'unique instrument tranchant que connaissent les nomades.