DIEUX INDIGÈNES OU TABOUS.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.

Depuis 1900, la Société des Nouvelles-Hébrides, étant en liquidation, n'entretient plus que quelques gardiens. Il y a quelques mois, un recensement a accusé 250 individus français ou protégés par la France, et 150 se réclamant de l'Angleterre. À Port-Vila, île Vaté,—qui restera la capitale de l'archipel,—habitent 30 familles absolument françaises, attachées à la terre, et dont les revenus nets sont très beaux en ce moment où l'écoulement des récoltes sur Sydney et Nouméa est assuré, ces revenus sont au minimum de 10 000 francs; plusieurs atteignent jusqu'à 80 000 francs, et atteindraient 100 000 francs, n'était la difficulté de se procurer une main-d'œuvre suffisante; les revenus sont en moyenne supérieurs à 25 000 francs. Les Français de l'île Vaté sont groupés en communes, ayant un syndic à la tête de chacune d'elles, syndic nommé par le gouverneur de la Nouvelle-Calédonie et relevant directement du résident délégué, dont la demeure est à Port-Vila même. Ce résident a toutes les prérogatives d'un maire et en remplit les fonctions ainsi que celles de juge de paix, tient les registres de l'état civil, inflige les amendes dont le produit est employé à des travaux d'utilité publique; les communes ont pris des noms français: Port-Vila c'est Franceville, Mêlé c'est Faureville, à l'opposé il y a Courbetville, etc.

LES INDIGÈNES HÉBRIDAIS DE L'ÎLE MALLICOLO ONT UN COSTUME ET UNE PHYSIONOMIE MOINS SAUVAGES QUE CEUX DE L'ÎLE PENTECÔTE. D'APRÈS DES PHOTOGRAPHIES.

Une route de 20 kilomètres est carrossable de Courbetville à Faureville; elle a été construite par ces colons; dans les autres îles, où le nombre des colons est assez considérable, il y a également un syndic pris parmi eux, remplissant les fonctions de maire.

Pour le voyageur qui débarque à Port-Vila, il n'y a aucune hésitation: il est sur terre française, dans une colonie naissante, mais bien vivante.