UN SOUS-BOIS DANS L'ÎLE DE SPIRITU-SANTO.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
Nous connaissons maintenant, dans toute sa généralité, la question franco-anglaise des Nouvelles-Hébrides; il nous reste à parler du pays lui-même, de ses productions et de ses habitants.
Les Nouvelles-Hébrides, situées entre le 15e et le 20e parallèle sud, ont la flore tropicale; le soleil et les pluies abondantes donnent au sol cette puissance de production prodigieuse et spéciale à ces contrées.
Ces îles sont éternellement recouvertes d'un manteau de verdure, aux tons doux et chauds jusqu'au faîte le plus élevé des montagnes; seuls les sommets des volcans en activité à Tanna et à Ambrym, à Vanua Lava, empanachés de fumée, émergent de ces blocs sous leur linceul de cendres grises. La terre, inculte depuis des siècles, n'est qu'un humus léger, noirâtre, un terreau d'une extrême fertilité, fait de l'accumulation incessante des herbes et des arbres morts. Les essences indigènes sont le palmier-ivoire, le cocotier, le bourdo, le tamanou, le banian, le bois de fer, le bois de rose, le bois de sandal—ce dernier à peu près épuisé—le pandanus, le palétuvier, le maïoré, le bananier; puis les fougères, dont on connaît plus de cinquante variétés, les hibiscus, les dracenas, les liserons, etc. On y a introduit l'oranger, le citronnier, le caféier, le cacaoyer, puis les légumineuses, les graminées et en particulier le maïs, les solanées, etc, qui viennent avec le même succès que le taro, l'igname, l'arrow-root et la canne à sucre.
La faune est pauvre, en dehors des petits oiseaux multicolores, hirondelles et martins-pêcheurs; le seul gibier est le pigeon, dont il y a plusieurs espèces, depuis le pigeon sauvage à plumage vert jusqu'au notou, pigeon de grosse taille, que l'on ne trouve qu'en Calédonie et aux Hébrides; enfin quelques canards, plusieurs courlis sur le bord du rivage; le gibier à poil n'est représenté que par le porc domestique retourné à l'état sauvage dans la brousse.
UN BANQUET DE FRANÇAIS À PORT-VILA (FRANCEVILLE).—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.