Signalé partout à la fois et toujours insaisissable, Andriampanoha nous résista jusqu'en décembre 1901. Sa soumission consacra la pacification de l'Ikongo.
Longtemps avant l'occupation française, les Tanala étaient pourvus d'une organisation sociale bien définie. Ils possédaient une foule de coutumes que Tsiandraofana respectait religieusement dans ses jugements, et qui, bien que non codifiées et variables suivant les régions, n'en avaient pas moins force de loi.
Au nombre de 24 000 environ, ils se répartissent encore en six tribus, subdivisées en clans et en familles.
Chacune de ces tribus était autrefois commandée par un noble, sous la suzeraineté de Tsiandraofana. L'autorité de ces chefs était théoriquement très précaire, car aucune loi ne les autorisait à punir leurs sujets en cas de refus d'obéissance.
PANORAMA DE FORT-CARNOT.—D'APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE.
En réalité, ils exerçaient une affreuse tyrannie. Raboba, toujours ivre, tirait des coups de fusil sur les hommes, coupait les poignets des femmes qui lui résistaient et leur faisait ouvrir le ventre. Rares sont les rois qui ont laissé dans l'Ikongo une réputation de sagesse et de bonté.
Les villages et les familles ont également leurs chefs. De concert avec le fokon'olona, ou réunion de tous les hommes libres, ces vieillards règlent certains procès et partagent à l'amiable les terrains de culture. En cas de guerre, les Tanala se groupent aussi par fehy, c'est-à-dire par bannières, sous les ordres des plus courageux et des plus influents d'entre eux.
Après la tribu et le clan, la famille est un des éléments constitutifs de la société. Elle est toujours très nombreuse, et les liens de parenté sont à la fois très étendus et très vagues.