Affaire Marcellange.-Rejet du pourvoi de Jacques Besson. Dans son audience du 16 février 1843, la Cour de cassation (chambre criminelle), a rejeté, après un délibéré de trois heures, le pourvoi de Jacques Besson, condamné à mort, au mois de décembre, par la Cour d'assises de Lyon, pour crime d'assassinat commis sur la personne de M. de Marcellange. Me Béchard avait développé cinq moyens de cassation à l'appui du pourvoi. Combattus par Me Achille Morin, au nom et dans l'intérêt des parties civiles, ces cinq moyens ont été successivement repoussés par M. le procureur-général Dupin, qui a terminé son réquisitoire en ces termes.
«Vous rappellerai-je ces dispositions de la loi romaine qui privait de la succession de leur parent assassiné, et qui les excluait en les flétrissant comme indignes, ceux qui ne poursuivaient pas la vengeance de sa mort, vengeance, non à la manière des temps barbares, en faisant à son tour des victimes ou en partageant d'indignes compositions, mais une vengeance légitime, celle qu'on demande aux lois et aux tribunaux de son pays...
«La présence des dames de Marcellange au procès était attendue, désirée, nécessaire; le ministère public les y conviait, il les couvrait de sa protection au delà peut-être de ce qui eût été finalement en son pouvoir. Dans toutes les hypothèses, les dames de Marcellange se devaient à justice, ou pour justifier l'accusé, si elles le croient innocent, ou pour aidera confondre le vrai coupable.»
Un journal étranger annonçait dernièrement que les dames de Marcellange s'étaient retirées dans un couvent de Chambéry. Me Lachaud, défenseur de Jacques Besson, a formé un recours en grâce.
Affaire Montély.--Le lundi 21 novembre 1812, un crime affreux, qui rappelle celui de Martin Mellier, fut commis dans la chambre n° 2, située au premier étage de l'hôtel de l'Europe, à Orléans.
Hôtel de l'Europe, où Boisselier a été assassiné.
Un individu nommé Montély, domicilié à Saint-Germain, assassina, à l'aide d'un couteau, un garçon de caisse de la banque d'Orléans, nommé Boisselier, et avec lequel il était lié depuis long-temps; toucha 5,115 fr. sur 8,300 fr. que Boisselier était chargé de recevoir, mit le cadavre de sa victime dans une malle, et ayant expédié cette malle à Toulouse, il retourna en poste à Saint-Germain.
Le crime ne larda pas à être découvert, et, le 23 novembre, Montély fut arrêté à Saint-Germain, dans son domicile, à sept heures du matin.
Au moment où nous mettons sous presse, les débats de ce procès viennent de commencer devant la cour d'assises du Loiret, siégeant à Orléans. Les charges les plus graves pèsent sur l'accusé, qui nie, mais faiblement, être l'auteur de l'assassinat; de nombreux témoins le reconnaissent, et d'autres preuves non moins accablantes confirment leur déposition.