--La colonne de Mostaganem, sous les ordres du général Gentil, est toujours en mouvement; sa mission est de prêter aide et assistance, en cas de besoin, aux tribus alliées.
--Après avoir pris quelque repos, la colonne de Mascara, sous le commandement de M le général de La Moricière, est de nouveau entrée en campagne. Pendant ces excursions, le colonel Géry, du 56e de ligne, commande la place de Mascara, et le colonel Thiéry, du 6e léger, celle d'Oran.
--Les opérations militaires ont été continuées dans l'ouest de Cherchel par le général de Bar, qui a reçu, auprès de la ville kabaïle de Terzout, la soumission de la tribu de Zatima, à laquelle elle appartient, et celle des Beni-Zioui, auprès de Ghelanzero, leur principal village, dans un pays où les habitants se croyaient inexpugnables, parce que les Turcs n'avaient jamais pénétré chez eux. Le général de Bar n'a pas reçu un seul coup de fusil en parcourant le territoire horriblement accidenté de six tribus kabaïles, dont la première est à dix lieues ouest de Cherchel, et dont les autres s'étendent à deux ou trois marches de Tenès; tandis que le colonel Picouleau, dans deux sorties successives, a éprouvé une résistance sérieuse chez les Beni-Menasser, à une marche seulement au sud de Cherchel. Ses attaques persévérantes contre les Beni-Menasser ont obtenu la soumission de cinq fractions de cette tribu considérable; les fantassins se sont joints à lui pour contraindre les hautes montagnes à suivre leur exemple; mais c'est la partie la plus belliqueuse et la plus difficile du territoire. Il est probable qu'il y aura d'autres combats, parce que la famille des Berkani a encore sur cette contrée une immense influence, et que son chef, proscrit par l'arrêté du 10 février, soutiendra une lutte opiniâtre.
--Dans la province de Constantine, M le général Baraguey-d'Hilliers a dirigé avec succès, du 12 au 22 février, une opération militaire importante: il s'agissait d'attaquer la ligne des Zerdezas et de soumettre ce chaînon intermédiaire de la résistance kabaïle qui, de la frontière d'Alger, s'étend jusqu'à celle de Tunis et interrompt les communications avec la mer. Quatre colonnes, parties simultanément de Constantine, de Philippeville, de Bone et de Guelma, ont envahi ces montagnes presque inaccessibles, et, grâce à leurs mouvements heureusement combinées et exécutés, elles ont imprimé une grande terreur aux tribus ennemies, en leur prouvant que nos troupes sauraient les atteindre et les vaincre, quelque grandes que fussent les difficultés du pays. Les parcs de l'État approvisionnés de plus de 3,000 boeufs, le train des équipages remonté de 200 mulets, la soumission de cette partie de la province garantie par des otages, et, par suite, une plus grande abondance sur nos marchés, rumine aussi plus de sécurité pour l'armée et le commerce, sont les résultats positifs de cette brillante expédition.
MANUSCRITS DE NAPOLÉON [3]
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LETTRES SUR LA CORSE A M. L'ABBÉ RAYNAL.
LETTRE DEUXIÈME.
Monsieur,
Nous avons parcouru rapidement les régions ténébreuses de notre histoire ancienne; nous voici arrivés au douzième siècle; nos annales commencent à s'éclaircir. A cette époque, la tradition, les monuments ont pu instruire Giovanni della Grossa, notre premier historien, qui naquit en 1378, Piero Antonio Alonteggiani, qui écrivoit en 1525, Marco Antonio Ceccaldi, qui cessa de vivre en 1569, Circeo, qui acheva son ouvrage en 1576, Filippini, qui publia son histoire en 1594.